Le 17 mars dernier, l’auteur de ces lignes  posait la question si le board des commissaires des courses était légalement constitué après la nomination de Jacques de Commarmond au sein de ce board. Comme réponse, nous avons eu droit quelques jours après à une salve du président du Mauritius Turf Club (MTC)  lors d’une conférence de presse d’avant la saison: «Il y a un journal qui doit cesser de publier du n’importe quoi, il  y va de sa réputation. Qu’on cesse d’écrire du n’importe quoi d’autant que ce journal […] s’il vous plaît, je vous demande de vérifier les infos avant de les publier.» Aujourd’hui, le président du MTC peut bien se demander pourquoi il a consulté un homme de lois qui lui a fait dire des bêtises.
L’honneur de Week-End est sauf et que Gilbert Merven se rassure nous n’en avons jamais douté même si le comité d’appel du MTC présidé par le très respecté Me Raymond d’Unienville QC, avec comme membre Gilles Etienne, Me Hajee Abdoola, Frantz Merven et Me Patrice Spéville, SC, a confirmé que ce board est illégalement constitué. Ce point de droit a été soulevé par Me Yahia Nazroo dans l’appel de son client, Yashin Emamdee qui contestait  la sanction émise pourune faute commise lors de la 3e course de la 3e journée.
Yahia Nazroo, a sans doute bien analysé les points que nous avons avancés dans notre édition du 17 mars et a trouvé du sustainable ground pour contester la composition du board des commissaires des courses. Le comité d’appel a donné gain de cause à Me Nazroo et ordonner une enquête «de novo» sous le règlement 2.2.3  (1) (b) (iii) devant un nouveau panel des commissaires. Qui doit être composé, comme le stipulent les statuts  du club d’un minimum de trois personnes dont la majorité ne devrait pas être des «unemployed members».
Entre-temps,sur le board qui a été nommé depuis vendredi, on ne retrouve pas Jacques de Commarmond alors que Samraj Mahadia qui en fait le plus grand frais, n’était plus le cadet stipe, mais simple observateur. Mais la décision du board d’appel aura sans aucun doute un effet boule de niege sur le club. L’affaire de l’amende de Rs 100 000 de Johnny Geroudis est toujours d’actualité et passera ce lundi. Attendons voir…
En attendant, le nouveau board a été constitué en catimini avec notamment les retour de Marc Piat, Ramesh Manrakhan et Pursooramrye Kalleechurn.
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Carnet
Sale temps Mr Président

La décision du comité d’appel faisant état que le panel des Commissaires de courses (Racing Stewards) n’est pas en conformité avec les Statuts du club est arrivée comme un pavé dans la marre au Mauritius Turf Club (MTC). Cette décision survient après que Me Yahia Nazroo eut contesté la composition de ce board qui avait soulevé ce point  lors de l’appel que Yashin Emamdee avait interjeté pour sa monte sur Friday Lunch Club qui lui avait valu une suspension de trois semaines et une amende de Rs 20 000.
Du coup, le Mauritius Turf Club  a dû faire marche  arrière, mettant sur la touche Samraj Mahadia et Jacques de Comarmond pour nommer trois nouveaux membres, en l’occurrence Pursooramrye Kalleechurn, Ramesh Manrakhan et Marc Piat. Ce même Marc Piat que certains ne voulaient plus voir au Champ de Mars, notamment pour avoir boycotté, comme tant d’autres, le dernier dîner des présidents au début de la saison.
L’on se rappellera que lorsque Week-End   avait parlé le 17 mars dernier de l’illégalité du panel des Racing Stewards, le président du MTC, Gilbert Merven, était monté au créneau pour nous fustiger en déclarant, lors d’une conférence de presse que nous ferions mieux d’aller bien lire les «rules of racing et de vérifier nos informations avant d’écrire»  et que de toute façon, il n’avait rien à craindre car il avait déjà consulté le nouveau conseiller légal du MTC. Nous ne pouvons que retourner la politesse à Gilbert Merven qui, contrairement à  Week-End,  a falli à sa tâche de président, ne connaissant pas les Rules of Racing, laissant ainsi le board des commissaires des courses fonctionner dans l’illégalité pendant 13 longues journées.
Aujourd’hui, le président doit non seulement se mordre les doigts, mais il doit méditer sur l’adage qui dit «crasse en l’air tombe lor néné». S’il lui restait un peu de dignité et d’honneur — deux qualités qui n’ont hélas plus aucune valeur au Champ de Mars — il aurait dû présenter ses excuses non seulement à Week-End qu’il avait rabroué mais également aux membres du MTC qu’il a induit en erreur.
Pour tenter de sortir de cette impasse, les hommes du président — et il n’en manque pas cette année — n’hésitent pas à stigmatiser Me Yahia Nazroo en disant que lui aussi, il avait agi dans l’illégalité l’an dernier quand il siégeait sur le panel des Commissaires de Courses car lui aussi, il était payé par le MTC tout comme Samraj Mahadia et Jacques de Comarmond. Pourquoi n’avait-il pas alors fait son travail comme il se doit et attirer l’attention du MTC, se demandent-ils ? Nous laisserons le soin à Me Yahia Nazroo de se défendre.
Mais cette affaire n’est pas la seule à ébranler le MTC  ces derniers jours. Il nous revient que le Registrar of Associations cherche des éclaircissements auprès du MTC sur la dernière assemblée générale spéciale, tenue tout récemment. Et si elle n’obtient pas des explications concrètes, il se pourrait que cette assemblée soit déclarée ‘null and void’.  Une autre claque pour le président du MTC.
Comme quoi, l’équipe dirigée par Gilbert Merven n’est pas au bout de ses peines et pourrait bien connaître d’autres jours difficiles, surtout que l’on sait que les chiffres enregistrés à ce jour ne plaident pas du tout en sa faveur. Mais ce n’est pas tout ! Même au niveau des courses, la situation est plus qu’alarmante. On parle d’une ambiance malsaine. Ne croyez pas que nous parlons de l’affaire Gaëtan Faucon ! Non car ce qui s’est passé le week-end dernier avec les différents changements de jockeys est ce qu’on pourrait appeler du « cinéma » de bas étage. Et le mot n’est pas fort ! L’incertitude concernant la disponibilité du jockey Derreck David a fait planer le doute dans la communauté des turfistes, mais ceux qui étaient dans les secrets des Dieux en ont profité.
Nous nous expliquons. A 10h, le MTC  annonce que Derreck David — qui avait déclaré forfait samedi après avoir pourtant gagné sur Uhmlanga — a eu l’autorisation de son médecin pour monter lors la journée dominicale. Mais très vite, la nouvelle s’est répandue dans la foule à l’effet qu’il ne pourra tenir le coup et qu’il serait remplacé, notamment dans la dernière course par Robbie Burke.
Lorsque ce changement a été officialisé — sans l’accord du stable manager Paul Foo Kune, semble-t-il — la cote de Mighty Fine était déjà passée de 12/1 à 4/1. Une hausse spectaculaire car dites-vous bien qu’il n’est pas facile de faire grimper une cote de 12/1 à 4/1 ! Comment la cote de Mighty Fine, un coursier de 9 ans, a-t-il progressé de façon aussi vertigineuse ? Qui est ou qui sont ceux qui sont derrière cet exploit ? Personne n’a essayé de le savoir ! Ni les commissaires des courses, ni la Police des Jeux et encore moins la Gaming Regulatory Authority  qui, disons-le tout haut, a toujours été un bouledogue sans dents.
Une petite enquête effectuée au niveau des bookmakers nous a relevé que la majorité d’entre eux y ont laissé des plumes dans cette épreuve, gagnée par Mighty Fine. La GRA  s’est-elle intéressée de savoir pourquoi, comment et quand le jockey Derreck David a déclaré forfait ? Qui est le médecin qui l’a ausculté et qui a donné son feu vert pour qu’il soit déclaré indisponible officiellement ?
Pis, juste après la 7e course, l’entraîneur Patrick Merven est venu à la télévision après la victoire de Besugo pour déclarer que son jockey Cédric Ségeon ne montera pas dans la dernière course. Qui est ce médecin qui a trouvé que Cédric Ségeon ne pouvait pas monter et pour quelle raison ? Personne ne sait, même pas les commissaires de courses qui ont été mis devant un fait accompli comme l’a été semble-t-il, Paul Foo Kune qui était monté sur ses grands chevaux pour «s’en prendre à Vincent Allet de ne pas l’avoir  informé qu’il avait pris son jockey, Robbie Burke». Ce n’est que… lundi matin avons-nous appris que l’entraîneur Budheswar Gujadhur a apposé sa signature pour officialiser ce changement que contestait Paul Foo Kune.
S’il n’est pas l’heure de reprendre les choses en main, on dira sans hésiter que demain il sera peut-être trop tard. C’est vrai qu’aujourd’hui, Gilbert Merven dispose d’une majorité certaine, mais cela ne lui donne absolument pas le droit de mettre en danger l’avenir du sport hippique à Maurice. Gilbert Merven s’est battu contre Jean Michel Giraud, il s’est mis à dos Gavin Glover — pourtant considéré comme son meilleur ami —  avant d’écarter d’un revers de main le sympathique Armand Maudave. Il contrôle la majorité au sein du board des commissaires administratifs alors qu’au niveau des commissaires des courses, il a relégué Stéphane de Chalain au second plan pour faire venir Ian Paterson, l’homme qui est au centre d’un nombre incalculable de choses et qui n’arrête pas de faire effriter la confiance du public parieur. Le président du MTC dit vouloir mettre de l’ordre, mais à bien des égards, nous constatons qu’il est en train de faire tout le contraire car même au niveau de la compétition, il y a aujourd’hui deux équipes bien distinctes. Et ce n’est pas nous qui le disons…
Sale temps pour vous  Mr President, mais c’est aussi un sale temps pour les courses.