Sous le couvert d’un face-à-face tardif et au lendemain des révélations choquantes du journal Week-End quant à la passivité avant-course du Chairman des Stipes, Ian Paterson, et ses hommes, et à la non-initiative de tenir l’enquête sur le champ comme ce fut le cas pour le jockey Beekhary — pour sa monte inqualifiable sur Isipho —, de qui le Chief Stipe Stephane de Chalain avait pu obtenir des aveux qui lui valurent 5 ans de disqualification, le président Merven est venu affirmer sur les ondes d’une radio ce matin que les jockeys avaient été mis en garde derrière les stalles.
A priori, il n’y a aucune raison de ne pas croire à ce qu’avance Gilbert Merven, mais après vérification auprès de certains jockeys ayant participé à cette course, il semblerait que le président du MTC a été induit en erreur car il n’y aurait pas eu de mise en garde. Par qui ? Et pourquoi ? Nous laissons le soin au MTC de régler ses problèmes de communication interne, mais nous affirmons qu’au sein du conseil des stewards il y en avait qui étaient favorables à ce que les jockeys soient appelés devant les commissaires avant l’épreuve. En tout cas, si les jockeys ont été avertis derrière les stalles, cette action s’est révélée un échec puisqu’il n’a eu aucune incidence sur leur comportement abject.
Nous avons également eu confirmation que les jockeys n’ont pas été confrontés aux stewards avant la course. Cette méthode pourtant efficace de convoquer les jockeys avec leurs entraîneurs, avec instructions dévoilées au Stipe avant la course, a donc été abandonnée sur demande des entraîneurs (lesquels ?), qui estimaient, selon le président du MTC, « que cela perturbait les jockeys et qu’ils perdaient leurs moyens en course. »
Est-ce que « ne pas perturber » les jockeys est plus important que le respect et la protection des turfistes qui sont à la base même du financement des courses à travers le betting ? Il n’y a pas photo dans cette réponse : le turfiste en tant que client est roi et sa défense est prioritaire sur toutes les autres considérations.
Et il y avait d’autres moyens de les protéger. L’article 30 (c) des Rules of Racing du Mauritius Turf Club est on ne peut plus clair à ce sujet : « Without prejudice to the generality of the powers conferred upon them by the Rules, the Racing Stewards shall : (c) in their absolute discretion, declare void any race and cancel the betting thereon if, in their opinion, such race has been run in circumstance not foreseen by the Rules and justifying such declaration and cancellation. »
Des notables du MTC qui préfèrent garder l’anonymat — et c’est là où le bât blesse — souhaitent que la direction du club institue une commission d’enquête pour situer les responsabilités dans la faillite totale du control of racing dans cette affaire. Le MTC devrait sérieusement y songer s’il veut garder les derniers vestiges de sa crédibilité et ne pas être soupçonné de couvrir les manquements, s’il y en a, de ses cadres.
Ces mêmes sources souhaitent que les autorités gouvernementales jettent un regard plus incisif sur ce qui se passe au Champ de Mars et rappellent que les travers d’antan avaient vu l’ex-Premier ministre sir Anerood Jugnauth annuler une journée internationale et réduire le nombre de journées de courses comme un signal clair et fort aux responsables du MTC pour mettre de l’ordre dans leurs écuries.