Noel Callow est parti vendredi dernier et se trouve depuis samedi en Australie, selon les premières indications. A qui la faute? faudra-t-il se demander premièrement ? D’autant que le jockey Australien était sous le coup d’une suspension de trois mois, couplée d’une amende de Rs 100 000. Dans une déclaration à notre confrère de l’express, le président de la Gambling Regulatory Authority (GRA), Raouf Gulbul, a déclaré ceci: «C’était à la Police des Jeux de faire le nécessaire». Pas moi ça, li ça. En tout cas, une chose est sûre, tout comme dans le cas de Fausto Durso, nous sommes quasi certains que Noel Callow a bénéficié de l’aide d’une main, voire de plusieurs mains invisibles pour quitter le territoire mauricien avec autant de facilités, alors qu’il n’y a pas moins de trois semaines, la GRA se voulait être ferme et intransigeante sur ce type de questions. A bien des égards, le cas Callow est un bis répétita de l’affaire Fausto Durso, ce jockey Brésilien qui «s’évada» de Maurice  par avion au nez et à la barbe de toutes les autorités alors qu’il était soi-disant étroitement surveillé
Dans le cas de Fausto Durso, qui était lourdement sanctionné pour sa monte sur Gemmayze Street (20 semaines et Rs 100,000 d’amende) de l’ex-écurie Paul Foo Kune, le Brésilien avait pu en moins d’une heure durant la journée du 2 juillet 2014, (a) régler son ardoise au MTC et à la MRA, après les heures de bureau, pour préciser si le besoin se fait sentir, (b) acheter un billet d’avion et (c) prendre l’avion le lendemain  mercredi 3 juillet à 9h15.
La coïncidence veut que Noel Callow a lui aussi réussi exactement la même parcours. Selon les informations de Week-End, nous sommes en mesure d’affirmer qu’il est venu au MTC vendredi après-midi peu avant la fermeture des bureaux, soit aux alentours de 16-16h15 pour (a) régler son amende en présence du Chief Stipe Stéphan de Chalain sans dire qu’il allait retirer son appel, (b) payer ses taxes à la MRA, (c) acheter un billet d’avion sans éveiller les soupçons et (d) prendre l’avion le soir même avec comme destination Singapour.
Un sms samedi matin au MTC
Week-End est en mesure d’affirmer que le jockey australien a acheté son billet d’avion par internet. Sans doute, cette main ou ces mains invisibles lui ont conseillé de procéder ainsi, pour ne pas éveiller les soupçons (il est fort possible que le regretté Fausto Durso avait fait la même chose). Vêtu d’un T-Shirt bleu sur lequel était inscrit le chiffre 63, Noel Callow s’est pointé à l’aéroport peu avant  la fermeture des «check in» et il est allé s’asseoir tout au fond de l’aérogare en attendant que l’embarquement ne débute. Ce n’est que samedi matin qu’il a envoyé un message par sms au MTC pour l’informer qu’il avait décidé de retirer son appel, et qu’il se trouvait déjà hors de Maurice. Voilà comment un jockey a pu s’extirper des lois mauriciennes après avoir plaisanté tout en faisant de la pression sur les commissaires lors de l’enquête de mardi pour demander si ces derniers allaient le priver de sa famille s’il est mis en prison à cause de cette faute. Sans doute, les conseils d’un homme de loi lui ont été bénéfiques avant cette rencontre.
Week-End est également en mesure de dire que certaines personnes bien placées, tant dans le monde hippique que politique étaient au courant que Noel Callow n’allait pas gagner sur le super favori Fyrcat. Toutefois, cette information n’a jamais été relayée aux Commissaires des Courses pour des raisons qui sont aujourd’hui évidentes. Au moins deux personnes très connues dans les milieux hippiques sont concernées par cette vilaine affaire de sous, deux personnes qui étaient sous les feux des projecteurs tout récemment et qui ont toujours été montrées du doigt ces dernières années. Comme quoi loin d’avoir pu «clear the mess», la GRA  d’aujourd’hui est toujours un bulldog sans dents et qu’en plus, elle ne fait pas peur. Sans compter que les lois mauriciennes ne tiennent pas devant ce type d’action et le cas Arena et Ségéon sont là pour le prouver.
Nombreux sont ceux qui avaient attiré l’attention du MTC sur les agissements peu catholiques de Noel Callow durant la saison 2015.La décision du ‘Licensing Committee’ d’accorder à l’Australien une licence pour  monter à Maurice avait été condamné sans réserve. Même son invitation à participer à la Journée Internationale en décembre dernier, était décriée. Il faut dire que Noel Callow n’a jamais été une cravache exempte de tout reproche. Qui ne se rappelle pas de sa monte sur Yoda Man, le 14 novembre 2015.
Noel Callow est parti et cela pourrait même être un « blessing in disguise». Mais, nous ne pouvons rester les bras croisés et garder le silence sur ce nouveau scandale qui frappe le sport hippique mauricien . Pour le même scandale en 2014, le Premier ministre d’alors avait fini par céder et donner son aval pour la mise en place d’une Commission d’Enquête. Aujourd’hui, pour la même faute avec en plus un mal beaucoup plus profond aux turfistes parieurs, puisque Fyrkat était le super favori de cette épreuve, contrairement à Gemmayze Street, aucune action n’a été prise. Et ‘to add insult to injury’ le président de la GRA vient dire avec une légèreté déconcertante que sa «vigilance» a été trompée. Mais qui est grassement payé pour qu’aucune vigilance ne soit trompée? C’est trop facile de venir dire aujourd’hui que le mal a été fait à nouveau que «pas moi sa, li sa», comme nous nous indignons que personne, parmi les autorités hippiques, ne s’indigne que Noël Callow ait pu s’envoler des côtes mauriciennes avec autant de facilité.  Doit-on croire que le Mauricien d’aujourd’hui a perdu tout son sens de responsabilité et sa soif de justice devant des regroupements mafieux? De tels actes sont-ils devenus normaux à tel point que personne n’a trouvé à en redire? C’est à désespérer…
La GRA, avec le concours  de la Police des Jeux,  doit chercher ces mains invisibles qui ont incité le jockey à jouer au plus malin et qui l’ont aidé à prendre la poudre d’escampette sans qu’il soit ne serait-ce que interrogé par les autorités policières. Il y a trois semaines, le Senior Advisor du bureau du Premier ministre, Dev Beekharry parlait d’«une forte perception que les courses soient truquées». Il a peut-être raison, mais  ne nous empêchera pas non plus de croire qu’il y aussi une très forte perception qu’au sein du gouvernement, il y a également des brebis galeuses, qui ont des ‘hidden agenda’. Alors avant de ‘clear up the mess at the Champ de Mars’, il faut sans doute qu’il nettoie dans sa propre écurie !