Le Blue Penny Museum reçoit demain, à 11 heures, l’auteur français Tugdoal de Langlais, qui vient de publier une biographie particulièrement documentée sous le titre L’armateur préféré de Beaumarchais, Jean Peltier Dudoyer, de Nantes à l’Isle de France. L’auteur est connu à Maurice pour avoir réalisé plusieurs notices du Dictionnaire de biographies mauriciennes, notamment celles d’Augustin Baudin, Louis Peltier et Charles Walsh.
Ce passionné d’histoire, actuellement en séjour à Maurice, a embarqué en 1958 pour faire son service militaire dans l’océan Indien, sans savoir à l’époque qu’il marchait dans les pas de certains de ses ancêtres, les frères Peltier dont Jean est le personnage central de ce livre, ainsi que son fils, le fameux corsaire Marie-Étienne du même nom, qui a été enterré à Madagascar. À travers ce personnage haut en couleur qui a navigué et commercé dans l’océan Indien au XVIIIe siècle, et participé aux événements qui ont conduit à l’Indépendance des États-Unis, Tugdoal de Langlais fait découvrir dans cet ouvrage une part importante de l’histoire maritime française. Aussi nous apprend-il à mieux appréhender ce en quoi pouvait consister le métier d’armateur à l’époque, même si ce mot n’a été véritablement utilisé que tardivement.
En 2005, Jean Peltier a été reconnu comme Fils de la Révolution par une société d’histoire américaine, grâce à sa participation à l’Indépendance des États-Unis. Avec une patience de moine, l’auteur a peu à peu reconstitué la vie de cet ancêtre atypique allant puiser à la fois dans les archives de la région (Maurice, Madagascar), de France et d’ailleurs. Si le livre est une somme en matière d’histoire maritime, il avait notamment été intrigué par le fait que cet homme avait en tant qu’armateur participé à la traite négrière, avant de s’être par la suite publiquement prononcé contre cette pratique. S’il regrette de n’avoir pu élucider ce point précis, l’histoire gardant souvent nombre de ses mystères, Tugdoal de Langlais a réussi à retracer ce qui a mené Jean Peltier de l’île de Ré à l’île de France, ce qui l’a amené à organiser le convoi de soutien à Suffren ou encore à veiller au dernier voyage des Acadiens en Louisiane.