La Organisation for diaspora initiatives (ODI) Mauritius, affiliée à la International ODI, située à l’université Jawaharlall Nehru à Delhi, a organisé une conférence publique sur Goolam Mahomed Dawjee Atchia le mercredi 8 juin à la municipalité de Port-Louis. L’occasion pour ceux qui l’ont côtoyé de lui rendre hommage et aux chercheurs de placer sa contribution dans le développement de Maurice dans une perspective historique.
Goolam Mahomed Dawjee Atchia est présenté par les différents intervenants comme un intellectuel, un légiste, un journaliste et un travailleur social. Ils se sont appesantis sur son rôle en tant que conseiller ou maire de Port-Louis entre 1921 à 1953.
Né en 1890 à Rose-Hill, le jeune Atchia, dont les parents sont originaires de Surat dans l’État de Gujarat, est scolarisé dans un premier temps à Rose-Hill avant de poursuivre ses études à la Curepipe Boys’Government School. À la mort de son père, GMD Atchia déménage avec ses parents à Port-Louis, où la famille ouvre une boutique de tissus.
Dans son introduction à la conférence, le président de l’ODI Chit Dukhira souligne que GMD Atchia a très vite été impliqué dans le « socio-economic and cultural uplift of his fellow citizens, particularly the country’s muslims ». Il fait ressortir que M. Atchia était connu pour sa générosité, sa passion pour la lecture et la collection d’oeuvres littéraires. « His papers, many of which he personally authored in English and French, referred to as Papiers Atchia, and books constitute a precious legacy for the country’s socio-political history. » L’intervenant rappelle que GMD Atchia a été bienfaiteur pour avoir notamment soutenu sir Seewoosagur Ramgoolam dans ses études en Angleterre. « GMD Atchia was the benefactor of, among others, the father of Nation, Sir Seewoosagur Ramgoolam ((SSR), for whom he felt pity when they met in London in 1932. He arranged, together with some close friends, to forward to him every month a remittance for his medical studies in london (1932-35), besides paying his return passage. » M. Dukhira note qu’à son retour d’Angleterre, SSR a appris la politique de son bienfaiteur Atchia, qui était aussi le co-fondateur du journal Advance et vice-président de son conseil d’administration jusqu’à ce qu’il soit renvoyé. Le conseil était alors présidé par SSR.
Selon le président de l’ODI, GMD Atchia a aussi été « victime de discrimination » à cette époque coloniale. « They (NdlR : les administrateurs britanniques) tended to look down upon non Europeans ». Chit Dukhira rappelle qu’il était aussi difficile pour M. Atchia de faire de la politique, étant d’origine asiatique. Chit Dukhira a lancé un appel au lord-maire pour que « quelque chose soit fait au niveau de la municipalité en mémoire de GMD Atchia ».
Le lord-maire Mamade Kodabaccus a pour sa part souligné l’importance qu’accordait GMD Atchia à l’éducation et à la contribution dans le développement de la ville, notamment en ce qui concerne l’embellissement de Marie Reine de la Paix ou le jardin des Salines. Il constate que ce tribun n’a pas été beaucoup honoré.
Philip Li Ching Hum, autre intervenant à cette conférence, a de son côté présenté « la dimension humaniste » de l’homme. Il est aussi à l’origine de l’introduction de la langue ourdoue à l’école, poursuit-il.
Ont aussi pris la parole à cette conférence, une des petites-filles de GMD Atchia, Nazeerah Jhumka, ses deux petits-fils Ahmad Dawjee Atchia et Dawood Rawat ainsi que le petit-fils de Gorah Issac, Goolam Issac. Ce dernier a eu l’occasion de le côtoyer à travers son grand-père.