L’île Maurice a été frappée par un certain nombre d’inondations au cours des deux premières décennies de ce siècle, dont deux en février 2013, cette dernière faisant pas moins de 11 morts. Les deux inondations se sont limitées à Port-Louis, affectant le périmètre avoisinant les ruisseaux du Pouce et de la Butte à Tonniers et la zone portuaire. Ce n’est pas la première fois que de tels drames se sont joués dans cet infâme périmètre. On en a enregistré quelques-uns sous l’administration britannique, par contre aucune mention n’est faite d’inondations en ce lieu sous l’occupation française, car, à l’époque, les issues naturelles des ruisseaux qui y passent fonctionnent normalement, les localités avoisinantes étant peu habitées et le développement infrastructurel dans les alentours peu envahissants.
Cependant, des inondations ont positivement lieu sous les occupations hollandaise et anglaise, et dans presque tous les cas elles sont le fait des pluies torrentielles associées à des conditions cycloniques. En fait, il est établi que “these storms did more damage by water than by wind.” (1) Roelof Deodati, l’un des derniers gouverneurs hollandais qui dirigent Maurice de 1692 à 1703, se rappelle d’un ouragan qui frappe l’île en février 1695: “It (the cyclone) began at three in the morning from the north-east and passed away the following night at about four a.m. The wind was so loud, like the sound of terrible thunderclaps following each other in rapid succession, that we could not hear each other’s voices. There was heavy rain such as had never been seen before. The sea rose extraordinarily high, and two flood tides followed one upon the other without any ebb, so the low lands of the island were completely covered with rain and water as if with a white sheet. The lodge, built on an eminence, was completely surrounded with water, so we could not escape to the mountains. On the plain around the lodge the water stood nine feet deep and rushed down from the mountains with such force that all the small cattle and stags were swept away into the sea. Fifty-seven cows and oxen of the Company were lost. Most of the roof of the lodge was blown off.”(2)
Des débordements similaires ayant eu lieu quelque 22 ans plus tôt auront été particulièrement dommageables pour les scieries hydrauliques où les scieurs transforment l’ébène en bois de construction qui soit facilement transportable jusqu’aux navires pour être embarqué pour l’Europe ou l’Indonésie. Les gouverneurs Hugo et Lamotius figurent parmi les commanditaires de ces scieries hydrauliques, une avancée technologique qui sera victime des éléments déchaînés.  “Hugo built the first in 1673, near the Fort. But when storms came the stream rose rapidly and washed the mill away. Lamotius, who became governor after Hugo, made another mill for cutting wood, but a flood ruined this also.” (3) Ces catastrophes naturelles hanteront les Hollandais jusqu’aux dernières années de leur séjour mauricien. Ainsi, quelque huit ans avant leur départ définitif de l’île, soit en 1702, “there were floods, so great that stags were found drowned in the tops of high trees.” (Idem)
C’est durant les inondations de 1702 que le petit ‘camp’ que les Hollandais ont dressé à Port-Louis dans le but “de défendre cette partie de la côte contre des concurrents et les pirates” (4), sera la proie des eaux. “Leurs huttes construites sur la rive droite du ruisseau du Pouce furent inondées en 1702, après un ouragan.”(Idem)