La Société royale des arts et des sciences (SRAS) célèbre aujourd’hui à la place du moulin et au château de Bel Ombre, son185e anniversaire. Le peintre et paléonthologue britannique Julian Hume a fait le déplacement à cette occasion pour donner une conférence publique à 10 h 45, dans les locaux réaménagés de l’ancienne sucrerie. Le co-auteur avec Anthony Cheke de l’ouvrage de référence Lost land of the dodo, a intitulé cette allocution : The race to catch up on an icon, the dodo and the Mare-aux-Songes…
Ayant appartenu à l’un des fondateurs de la société royale, Charles Telfair, qui a également été son premier président, la sucrerie de Bel Ombre était pour les représentants de la SRAS toute indiquée pour fêter ce 185e anniversaire. En 1829, ce dernier crée en effet avec Julien Desjardins la Société des arts et sciences de l’île Maurice dont l’anatomiste et paléontologue Georges Cuvier fut le premier patron. L’organisation sera rebaptisée par la reine d’Angleterre dix-huit ans plus tard sous le nom de Royal society of arts and sciences of Mauritius (RSAS).
La société royale propose à ses membres une journée récréative au cours de laquelle le grand temps fort sera la conférence du paléontologue britannique Julian Hume, spécialiste du dodo et des Mascareignes, qui a notamment travaillé sur le chantier de fouille de Mare-aux-Songes. Depuis la publication en 2008 de cette bible de l’histoire naturelle mascarine qu’est « Lost land of the dodo, the ecological history of the Mascarenes », ce scientifique du muséum d’histoire naturelle de Londres a également publié, avec Michael Walters, un ouvrage de référence intitulé Extinct birds, qui réactualise en mots et en images la littérature scientifique sur les oiseaux disparus depuis mille ans, en fonction aussi des découvertes que les sciences et la paléontologie ont permis de faire depuis qu’un répertoire comparable a été publié à la fin des années 50.
Samedi, lors de sa conférence il se penchera particulièrement sur notre fameux Raphus cucullatus, et abordera les découvertes que les travaux scientifiques issus des dernières fouilles réalisées à Mare-aux-Songes ont permis et aussi les espoirs qu’elles pouvaient ou pourraient encore éventuellement permettre, notamment grâce à l’apport de la recherche en génétique évolutive. S’il a été impossible d’extraire de l’ADN des ossements collectés dans le passé, un nouveau programme de recherches réalisées par le laboratoire du museum d’histoire naturelle de Londres avec l’appui de la GEN Foundation permet d’explorer de nouvelles pistes.
La démarche est complexe car les « tranches » de terre qui ont été prélevées ont subi de multiples transformations chimiques à travers le temps. Le fait est que cet oiseau qui est devenu rapidement le premier grand symbole de l’extinction des espèces dûe à la présence humaine garde une grande part de mystère… Julian Hume faisait remarquer mardi lors d’une conférence de presse que nous ignorons encore beaucoup sur son mode de vie et son évolution. La conférence publique de samedi permettra très certainement aux invités de la société royale d’en savoir davantage. Cet invité de marque donnera également une allocution plus générale sur les Mascareignes avant l’implantation humaine et donc sur l’ouvrage Lost land of the dodo, mardi 14 octobre, à 14 heures, au MSIRI, au Bonâme hall.