Deux grandes conférences ont rassemblé cette année les historiens et divers spécialistes des sciences humaines sur le thème de l’esclavage en avril, puis de l’engagisme en décembre. Slave trade, slavery and transition to indenture in Mauritius and the Mascarenes 1715 – 1848 a été organisé par la Commission Justice et Vérité en avril. Cette conférence a entre autres permis de présenter un inventaire de la traite négrière et une nouvelle banque de données en ligne qui rend enfin accessible la série des documents coloniaux de l’Isle de France, soigneusement préservés aux Archives nationales françaises. Pour la première fois, un chercheur ou un étudiant basé à Maurice peut consulter ces données françaises sans faire le déplacement à Paris. La constitution de cette banque de données a été dirigée par Thomas Vernet, maître de conférence à la Sorbonne, et Vijaya Teelock, pour Maurice.
Pendant ce temps, tous nos trésors documentaires nationaux continuent de souffrir de conditions de conservation aléatoires dans des bâtiments provisoires depuis plus de dix ans, qu’il s’agisse de nos propres Archives nationales ou notre Bibliothèque nationale au sujet duquel le budget n’a laissé poindre aucun espoir de nouveau bâtiment pour 2012.
Début décembre, l’Aapravasi Ghat Trust Fund et l’université ont organisé la première grande conférence scientifique internationale sur l’engagisme avec un large éventail de participants étrangers. Le titre « New perspectives on Indentured Labour — 1825-1925 » n’a pas déçu les espoirs amenant des débats tout à fait passionnants sur l’histoire du travail forcé, et des migrations massives sous contrat.
Le Blue Penny Museum a proposé deux expositions très intéressantes qui sont directement liées à des aspects importants de notre histoire naturelle : les grands cyclones en juillet ainsi que nos espèces rares et éteintes, en cette fin d’année jusqu’au 3 février 2012. 2011 a aussi permis de prolonger les recherches archéologiques initiées en 2010 et 2009 avec une restitution des résultats sur les fouilles effectuées à Trou-Fanfaron à l’emplacement du futur musée d’interprétation d’AGTF.L’archéologue mauricien Krish Seetah a aussi exposé les premiers résultats des fouilles effectuées à Trou-Chenille dans un cimetière oublié qui a probablement été créé par des « libres ». Le même archéologue a mené quelques premières investigations au cimetière de Bois-Marchand, en quête de données sur les travailleurs engagés.
À l’instar des archives et de la BN, le Plaza à moitié rénové et le Théâtre de Port-Louis chaque jour un peu plus délabré ont été tout bonnement ignorés cette année. Pendant ce temps, l’ancien consulat français, sis à la rue Saint-Georges, a non seulement été racheté en janvier, mais aussi rénové dans la foulée, par Caterpal, une société de conseil en investissement et son nouveau propriétaire.
Enfin, le National Heritage Fund (NHF) semble avoir repris vigueur depuis quelques mois. L’organisation para-étatique a notamment finalisé son inventaire du patrimoine intangible, et a commencé un travail de consultation sur ce sujet. Après être restée éternellement la même depuis des années, la liste des sites inscrits au patrimoine national s’allonge avec l’ex-consulat français et la biscuiterie Rault. Grande nouveauté : alors que cette démarche excluait les sites religieux jusqu’alors, leur classement est désormais envisagé, et devrait aboutir en concertation avec les organisations religieuses concernées.