La dernière journée de Confluences a vu la tenue d’une édifiante table ronde sur la présence de l’histoire dans la littérature mauricienne. À travers les écrivains Amal Sewtohul, Brigitte Masson, Nathacha Appanah et Bertrand d’Espaignet, qui animaient le débat, le public a pu trouver quatre approches différentes des faits historiques mauriciens. Aucun d’entre eux n’écrit des livres d’histoire, mais tous y ont puisé leur inspiration, souvent d’ailleurs en lisant des ouvrages d’histoire, des articles anciens, eux aussi présents sur le salon…
Il n’y avait guère d’historiens amateurs à s’adonner aux séances de dédicace à Confluences ou ils l’ont fait de manière confidentielle sur quelques stands de libraires ou d’éditeurs. Mais l’histoire mauricienne était bel et bien représentée dans ce salon tant à travers les espaces réservés par la Bibliothèque nationale, par le MGI, Aapravasi Ghat, ou encore des associations littéraires telles que la Fondation Chazal, et aussi à travers quelques fous du papier jauni tels que Vinod Appadoo !
L’ancien bibliothécaire, créateur de la première médiathèque de feu le Centre Charles Baudelaire est un passionné, grâce à qui par exemple les éditions Vizavi ont pu compiler tous les articles de presse de Malcolm de Chazal dans un cd et un livre. Vinod Appadoo est un fanatique de documents rares, d’archives oubliées, de livres qui partent en poussière, de papiers jaunis et documents vieillissants. Aussi s’est-il fait un devoir au fil des ans de sauver avec ses moyens de passionné un certains nombre de documents historiques ou littéraires mauriciens dont il n’existe parfois plus de trace dans les archives nationales du pays.
Depuis qu’il a quitté ses fonctions à la médiathèque de l’Institut Français de Maurice, il n’a qu’une seule idée en tête : rendre toute cette collection accessible gratuitement au plus grand nombre et la nourrir avec de nouveaux documents. Ainsi, ce gentil bagarreur s’est-il embarquée dans l’aventure numérique à la fois pour donner une seconde vie à tous ces documents, pour les rendre plus lisibles par la magie de la retouche numérique qui enlève les tâches et autres jaunissements inopportuns, et de les sauver. La Bibliothèque Numérique de l’Île Maurice (BNIM) était présente au salon grâce à cet homme, avec déjà un site dont la nomenclature et l’architecture sont désormais finalisées.
La BNIM était présente à Confluences sur un stand avec à la fois son créateur, quelques écrans plats qui ont permis au public de voyager sur le site qui lui est dédié, et avec aussi quelques-uns de ces documents extrêmement rares qu’il s’est évertué à protéger pendant des années. Soutenu par la cellule Culture et Avenir du Bureau du Premier Ministre, le projet BNIM a d’ores et déjà mis en ligne une cinquantaine d’ouvrages littéraires appartenant au patrimoine mauricien, aujourd’hui le plus souvent introuvables, ainsi qu’une centaine de chroniques de presse que les férus d’histoire découvriront avec plaisir.
Autres témoins du patrimoine, la souscription pour la réédition de l’ouvrage de référence d’Auguste Toussaint, Port-Louis deux siècles d’histoire (1735 — 1935) a été lancée conjointement par la Société de l’histoire de l’île Maurice et la Fondation Spectacle et Culture, avec bien sûr le soutien du fils de l’auteur, Georges Toussaint. Autre initiative, les Éditions Pamplemousses ont sorti un livre illustré sur l’Hôtel du gouvernement dont l’histoire est ici retracée en français par Georges Easton. Et il était encore possible de se laisser convaincre par Jean-Marie Huron et Robert Marion qui ont publié récemment les 240 ans de l’histoire de la Poste mauricienne…
Les trésors de la BNIM à découvrir absolument sur www.bibliothequenumerique-ilemaurice.com