L’identité des Jeux des îles, c’est avant tout la référence sportive dans l’océan Indien. Et pour un retour des Jeux à la maison, pour la troisième fois en 40 années d’histoire, Maurice frappe un grand coup, à 24h de la fin des compétitions, en s’offrant une place inattendue de n°1 de la région. Quoi qu’il arrive, la Team Mauritius ne sera pas rejointe au classement des médailles d’or, et son tout premier sacre demain sera définitivement la plus belle page JIOI de son histoire.

À ce petit jeu des chiffres, les 72 médailles d’or — une performance qui efface déjà le record de 66 médailles de ce plus précieux des métaux, ramenées de l’île soeur en 2015 — reste quand même loin du record absolu des Jeux, signé Madagascar avec un impressionnant score de 235 médailles, dont 100 or acquises sur ses terres en 2007.

Situation peu habituelle, La Réunion, sept fois vainqueur des Jeux (dont une sous les couleurs de France/Océan Indien en 2003) et qui tenait durant la septième édition à Tana sa plus belle “perf” (226 médailles) de son long règne dans la région, est scotchée en ce moment sur la dernière marche du podium avec son plus faible score jamais réalisé depuis 1979 (42 or).

La suprématie de l’île soeur n’a jamais été autant contestée durant ces quatre décennies de regroupement interîles. L’haltérophilie locale, déjà rayonnante sur le sol réunionnais il y a quatre ans, a sonné une dernière charge sous la forme de 12 autres breloques dorées pour un combiné record de 22 médailles. Même s’il a composé avec les impondérables (perte de son relais 4x100m, entre autres), l’athlétisme a conclu la journée d’hier avec quatre autres médailles, portant son capital à 27 (sport adapté inclu), soit déjà sa plus belle moisson depuis 2003, alors que le laser (1985) et le windsurf (2003) ont repris le pouvoir après de longues années de disette, laissant au duo Jean de Falbaire-Drany Clair l’insigne honneur d’ouvrir la première page du kitesurf des Jeux.

Comment finalement ne pas évoquer le ralliement de la nation mauricienne autour de son drapeau, montrant le nouveau modèle du mauricianisme qui prend place. Un peuple rouge, bleu, jaune, vert qui cherche visiblement à se libérer des exigences pressantes du quotidien et qui trouve à travers le sport cet élément capable de se fédérer à nouveau et repousser les politiques qui ont investi ce rendez-vous indiaocéanique pour tirer un capital, alors que l’échéance du scrutin électoral est à nos portes.