Barlen Mardaymootoo, alias DJ Given, et Matthieu Coret, les deux conducteurs impliqués dans le hit and run ayant emporté les vies de Manisha et Arvind Shamloll, un jeune couple, samedi matin, étaient sur les lieux de l’accident hier, à Forbach, pour une reconstitution des faits. Ils ont dû expliquer aux enquêteurs les circonstances du drame séparément car durant leur interrogatoire, ils ont tenu des versions différentes quant à leur responsabilité dans le cadre de cette tragédie.
C’est en présence des forces régulières de la police, des éléments de la Special Supporting Unit (SSU), des limiers du Central CID et des officiers du Scene Of Crime Office (SOCO) que s’est déroulée cette opération, à laquelle ont également assisté les proches de Manisha Shamloll, encore très remontés. En effet, les parents de Manisha ont du mal à assimiler le fait d’avoir perdu deux enfants dans l’accident, leur benjamine étant enceinte au moment des faits. « Mo tifi ti dir moi li ti gagn enn retar mais c’est après autopsie qui nou fine kone li ti enceinte », raconte Veena Quedoo, 47 ans, la mère de Manisha, ne contenant pas son amertume.
C’est à 12 h 10 que Barlen Mardaymootoo est arrivé sur les lieux de l’accident pour la première fois. Rappelons que cet accident fatal est survenu pendant que les deux jeunes faisaient un rallye sur cette route. De ce fait, DJ Given a tout d’abord été conduit, à bord d’un véhicule du SOCO nord, jusqu’à Grand-Baie, où avait démarré cette folle course de voiture. Il a été amené à retracer, avec les enquêteurs, le parcours emprunté par son ami et lui avant que ne se produise le drame. Pour le bon déroulement des opérations, la circulation a été déviée temporairement. De retour sur le lieu de l’accident à 13 h 05, l’opération s’est poursuivie sous haute tension, sous les injures et menaces des proches de la victime, encore plus inconsolables : « Criminel ! », « Assassin ! », scandaient-ils. « Si mo gagn toi mo touy toi ! Ti mank place pou al faire rallye ! » Il a même fallu que l’un des responsables de cette enquête interrompe la reconstitution pour calmer les esprits échauffés.
Selon les explications fournies par Barlen Mardaymootoo à l’Inspecteur Goolab, responsable de cette première partie de la reconstitution, sa Honda a frôlé la moto que conduisait Arvind Shamloll pendant qu’il essayait de doubler le véhicule précédant le sien et c’est la Mercedes de Matthieu Coret qui a ensuite heurté de plein fouet le deux-roues du couple. Matthieu Coret, pour sa part, est arrivé sur les lieux de l’accident aux alentours de 14 h 15, tandis que Barlen Mardaymootoo quittait la scène pour conduire les enquêteurs jusqu’au lieu où ils s’étaient rendus après l’impact. Les enquêteurs ont renouvelé l’opération avec lui, sous la supervision du Chef Inspecteur Djapermal. Les proches de Manisha Shamloll ayant déjà quitté les lieux à son arrivée, c’est dans le calme et sans incidents que s’est poursuivie cette opération. Matthieu Coret soutient une version différente de celle de Barlen Mardaymootoo : il stipule que c’est le véhicule de son ami qui a frôlé celui du couple Shamloll, leur faisant perdre l’équilibre et chuter quelques mètres plus loin, et que c’est ensuite sur leur moto, et non sur le couple, que sont passées ses roues. « Mo ti pe roul entr 90 ek 100 km/h », devait-il confier aux enquêteurs. C’est aux alentours de 15 h 30 qu’a finalement pris fin la reconstitution des faits.
Pour les proches du couple Shamloll, il est hors de question que les deux jeunes hommes obtiennent une caution ou la liberté conditionnelle. « Mo anvi zot pourri au moins 50 ans dan prizon ! » avait déclaré un peu plus tôt Veena Quedoo, ne cachant pas sa révolte et sa colère. « Si au moins zot ti arete, kitfoi mo tifi ti pou viv inpe pli lontan ! Zot pena leker ! »