C’est dans une ambiance de liesse populaire, de joie et de fraternité que les Mauriciens de foi hindoue ont célébré hier la fête Holi à travers le pays en s’aspergeant de poudre multicolore, symbolisant la victoire du bien sur le mal dans les lieux de cultes, la rue et sur les terrains de foot.
La Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation a organisé cette fête au niveau national au Kailashnath Mandir de Highlands et à Lallmatie. Les célébrations ont duré deux jours. Le Holika Dahan a été observé mercredi et hier, le Holi Phagutsav a réuni des milliers de Mauriciens qui ont savouré les mêmes plaisirs de jouer avec du gulal (poudre colorée). Il est devenu courant à Maurice que des Holi Melas soient organisés dans l’île.
Holi a aussi un cachet particulier. Il aide à briser ce mur de préjudice entre les hommes. Le jeu des poudres de couleur symbolise le renouvellement de l’amour fraternel. Les hindous se sont lancés des jets d’eau colorée, pitchakaris, dans une explosion de joie.
Le premier jour de la fête, le Holika Dahan rassemble les dévots à la tombée de la nuit. Ils confectionnent un bonhomme de paille, en dansant au rythme des tambours et des cymbales. Le bonhomme de paille est placé au milieu d’un bûcher et brûlé ensuite pour détruire le mal symbolisé par Holika, la soeur de Hiranyakashipoo.
La légende associée à la fête Holi veut que Bhakta Prahlad, fils du cruel roi Hiranyakashipoo, était engagée dès sa naissance dans la dévotion de Vishnu. Il avait une foi inébranlable en l’amour divin. Cela ne faisait pas plaisir à son père, un roi-démon, qui, après une période de pénitence et d’austérité, en priant Brahma, était parvenu à se doter de pouvoirs extraordinaires. Il ordonna alors à son peuple de se rebeller contre Dieu et de l’adorer. Le roi Hiranyakashipoo grâce à la bénédiction de Brahma était devenu immortel. Symbole de l’arrogance, Hiranyakashipoo était un roi puissant qui ne croyait pas dans les écritures védiques et dans le dieu Vishnu comme le dieu suprême. Il avait atteint la perfection spirituelle. Pour le punir, son père a pris diverses mesures afin de l’éliminer. À chaque fois qu’il prononçait le nom de Vishnu, il avait la vie sauve. Enfin le roi voyant l’inanité de sa démarche ordonna à sa soeur qui exerçait une dominance sur le feu, de prendre Bhakta Prahlad dans ses bras et de le transformer en torche vivante. Mais à la stupéfaction du roi, Holika a été réduite en cendres tandis que Bhakta Prahlad a eu la vie sauve.