Bien que ses effets thérapeutiques n’aient pas été scientifiquement prouvés, le traitement homéopathique, pour ses adhérents, comporte bien des avantages. Certains médecins conventionnels prescrivent même des médicaments à base homéopathique car pouvant être associés à d’autres traitements. Simple et facile à suivre, cette médecine douce comme on l’appelle parfois présente aussi l’avantage de pouvoir être utilisée pour les enfants et les nourrissons. Exerçant en tant que médecin homéopathe depuis un an, après sept années d’études au National Institute of Homeopathy, en Inde, le Dr Vidushi Vencatasawmy nous parle de cette médecine qui consiste « à traiter de manière naturelle et holistique ». Rencontre.
Le principe de l’homéopathie consiste à administrer des substances minérales, végétales ou animales qui déclenchent chez le patient des symptômes similaires à ceux de la maladie que l’on veut soigner. Les défenses de l’organisme sont donc stimulées, incitant la personne à combattre elle-même sa maladie.
Au terme de six années d’études et d’une année d’internat en Inde, le Dr Vencatasawmy est retournée au pays où elle exerce depuis un an. À Maurice, les médecins homéopathes, qui seraient très peu nombreux selon notre interlocutrice, sont reconnus par le Traditional Medicine Board. « La formation en Inde ne comprend pas que des sujets en lien avec l’homéopathie. On apprend toute la base de la médecine telle l’anatomie etc. On effectue l’internat dans les diverses spécialités telles la pédiatrie, la gynécologie… C’est comme pour la médecine conventionnelle sauf qu’on utilise des traitements homéopathiques », précise-t-elle.
Pour Vidushi Vencatasawmy, « c’est une manière naturelle et holistique de traiter les gens. On consulte la personne dans sa globalité, son état mental, physique, son environnement
Alors que dans la médecine conventionnelle, les traitements sont prescrits plutôt en fonction des symptômes, « par exemple, un panadol pour un mal de tête », l’homéopathie cherche à remonter à la cause du symptôme et à intervenir sur la cause. « Par exemple, si un patient souffre de migraines. Il faut savoir pourquoi, s’il n’y a pas une raison cachée qui en est à la source ». Pour elle, la définition de la santé par l’OMS, comme « a state of complete, physical, mental and social well being and not merely the absence of disease », définit bien la médecine homéopathique.
Invitée à livrer ses arguments face à la perception connue de médecins conventionnels qui voient souvent dans la médecine homéopathique une méthode placebo, le Dr Vencatasawmy a ceci comme réponse : « Cela fait 200 ans que ce type de traitement existe et ça guérit ». L’homéopathie aurait-elle un effet psychologique sur les patients qui expliquerait leur guérison ? « Une personne a un rhume et quelques heures après avoir pris un traitement homéopathique, elle voit un mieux, ce n’est pas psychologique. »
Les autres avantages de l’homéopathie aux yeux de Vidushi Vencatasawmy : il n’y a pas d’effets secondaires si le patient respecte la prescription. Par ailleurs, « l’homéopathie peut être utilisée indépendamment ou en association avec d’autres traitements. Les doses sont très infimes. C’est pourquoi les femmes enceintes et les bébés peuvent également y avoir recours ». D’autre part, la médecine homéopathique « aide sur le long terme à développer son système immunitaire. Les risques de contracter des infections diminuent ».
Selon notre interlocutrice, il y aurait même certains médecins conventionnels qui auraient recours à des médicaments homéopathiques, surtout « en France où c’est plus répandu et utilisé en association avec des traitements conventionnels. À Maurice, l’homéopathie n’est pas encore populaire parce qu’il n’y a pas beaucoup d’homéopathes ».
Que peut l’homéopathie ? Notre homéopathe explique qu’il y a trois niveaux de traitement : premier secours (petites blessures) ; maladies aiguës (petites infections) et maladies chroniques (problème intestinal, asthme, migraines, allergies, problème hormonal, dermatologique, problèmes liés au stress, intolérance au lactose, coliques et douleur de dentition chez le nourrisson). Quant aux maladies graves, si elle ne peut les traiter, elle aide à soulager les souffrances. Par ailleurs, les remèdes homéopathiques ne remplacent pas les traitements traditionnels dans les cas de maladie grave mais peuvent être pris en complément.
Le Dr Vencatasawmy reçoit chez elle deux catégories de personnes : celles qui sont déjà informées au sujet de l’homéopathie et celles qui sont « fatiguées avec la médecine traditionnelle. Il y a des gens qui ne veulent plus avoir des effets secondaires ou qui ont l’estomac fragile et ne peuvent donc pas prendre des médicaments chimiques ».
En combien de temps un patient qui vient la voir pour un problème comme l’insomnie, met-il fin à son problème ? « Cela dépend de quoi il souffre. Si son problème est dû à des soucis de santé, à une douleur ou à l’estomac, il faut traiter la cause. Parfois, la personne peut ne pas avoir sommeil parce qu’elle mange mal. Si elle prend un jus plein de vitamine C en soirée, elle aura trop d’énergie et ne pourra dormir ».
Les allergies, l’asthme, les problèmes liés à la ménopause « sont très bien gérés par l’homéopathie ».
La plupart des médicaments homéopathiques prescrits par notre homéopathe sont de la marque Boiron de France. Vidushi Vencatasawmy consulte à la Pharmacie Saint Jean, à Quatre Bornes, à la Sterling House, Port-Louis et à Beau Bassin, au Kadel Building. Pour un rendez-vous, appeler au 59461821.