Sur le terrain à Martinière, les battues par des membres de la CID de la Southern Division ont repris et les deux couteaux de cuisine, dont l’une des lames fait environ 15 centimètres, soit les armes de crime, et le téléphone cellulaire de la victime, ont été découverts non loin des lieux où le cadavre de Dan Poorun Rumon avait été découvert mercredi après-midi.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources proches des enquêteurs indiquent que les confessions et l’interrogatoire de Rocky Nundoo devront automatiquement mener au commanditaire de cette agression musclée de samedi dernier. Les informations disponibles confirment que suite à un appel téléphonique de ce suspect, qui n’avait pas encore interpellé à ce matin, Rocky Nundoo avait été à la rencontre de la victime Dan Poorun Rumon pour le transporter à motocyclette sur les lieux du crime à Martinière, samedi matin.
Tout semble indiquer que Dan Poorun Rumon a été victime d’un règlement de comptes. « À ce stade, il est prématuré d’avancer le véritable mobile du crime. Il y a des problèmes de nature familiale et aussi cette affaire devant la justice où Dan Poorun Rumon est un important témoin. Cette affaire devait être entendue devant la cour ces jours-ci. Nous préférons poursuivre l’enquête avec les interrogatoires des suspects et des témoins avant de tirer des conclusions hâtives », faisait-on comprendre ce matin dans les milieux des enquêteurs.
Toutefois, les aveux de Rocky Nundoo s’avèrent être extrêmement accablants et compromettants pour les agresseurs de cet entrepreneur, attiré dans un guet-apens samedi matin dans les parages d’un poulailler à Martinière. Avant d’enregistrer les détails de sa déposition sous caméra, ce suspect a donné une première indication sur le déroulement de ce meurtre. Il a fait état d’un appel téléphonique du cerveau de cette agression.
« Mo bizin twa ; Ena enn travay kofraz pou al fer », aurait-on fait comprendre au téléphone à Rocky Nundoo ce samedi matin. Ensuite, il aurait pris sa motocyclette pour aller rejoindre le cinquième accusé encore en liberté pour le transporter jusqu’à Martinière. Au moment de l’agression de Dan Poorun Rumon à coups de barres de fer et de couteaux, un des suspects aurait tout simplement lancé sèchement : « Akoz to mem mo kapav perdi mo travay. »
Les hommes du CI Rugbur tentent d’établir un lien entre cette déclaration incriminatoire d’un des agresseurs et les problèmes entre des membres de cette famille bien connue de Chemin-Grenier, dont un où le témoignage de la victime dans une affaire en Cour est jugé extrêmement crucial. À partir de là, d’autres développements sont à prévoir dans cette enquête policière, qui a démarré depuis samedi dernier suite à une déclaration de Missing consignée par Jandavee Rumon, l’épouse de la victime.
Le scénario le plus plausible est que les agresseurs auraient élaboré un rendez-vous avec l’entrepreneur en construction au sujet d’un contrat. Une fois sur place, Dan Poorun Rumon aurait été pris par surprise par ses agresseurs, qui devraient être au nombre de quatre au moins. Sans défense, il avait été brutalement agressé.
L’examen post mortem pratiqué par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a conclu que Dan Poorun Rumon a eu la gorge tranchée, de graves lacérations au ventre, au moins cinq Slashed Wounds, des côtes fracturées aussi bien que de graves blessures sur le corps. La victime fut dépouillée de ses vêtements avant d’enterrer dans un champ de cannes.
Toujours dans la matinée, les enquêteurs d la CID de Chemin-Grenier ont repris le chemin des lieux du crime pour compléter l’exercice sur le terrain. Ainsi, ce matin, sur les informations fournies par Ricky, ils ont ramené les armes du crime, deux couteaux de cuisine, avec une lame faisant au moins quinze centimètres, utilisés pour agresser mortellement la victime. Le téléphone cellulaire de la victime a aussi été retrouvé dans les parages de la scène du crime.