Poursuivi pour l’homicide de Bruce Lee, Vinay Nunhoo a été trouvé coupable par le jury des Assises. Suite au verdict, le juge Benjamin Marie Joseph a fixé sa sentence à 18 ans de prison. Il s’avère que Nunhoo avait un antécédent pour agression.
Coupable à huit contre un. C’est le verdict du jury de la cour d’assises qui a été prononcé hier devant le juge Benjamin Marie Joseph contre Satianand Nunhoo, plus connu comme Vinay Nunhoo. La sentence a été prononcée quelques heures après et la Cour d’assises a décidé de le condamner à 18 ans de servitude pénale. Le directeur des poursuites publiques lui intentait un procès pour manslaughter sous les articles 215 et 223 (3) du Code pénal et il avait plaidé non coupable. Mes Rehnu Gowry-Bhurrut (Senior State Counsel), Abdool Raheem Tajoodeen et Selveena Adapen (State Counsels) représentaient la poursuite.
L’accusé vit dans la même cour que sa tante mais dans une autre maison quelques mètres plus loin. Selon l’acte d’accusation, Vinay Nunhoo serait entré dans la maison de sa tante Kamla qui entretenait une relation amoureuse avec la victime Jacques Chan Lim Wan, alias Bruce Lee, et aurait battu ce dernier à mort dans les petites heures du matin du 20 décembre 2003. L’arme du crime, un tuyau en métal, a été découverte par le caporal Victoire qui était mandé sur les lieux.
Kamla Nunhoo, tante de l’accusé, a d’ailleurs été appelée par la poursuite pour expliquer ce qui s’est passé. Hésitante par moments, elle a toutefois pu identifier le prévenu comme étant l’agresseur de Bruce Lee. Elle avait aussi été blessée au bras lors de la bagarre.
Vinay Nunhoo, un habitant de Quatre-Bornes, avait retenu les services de Mes Hervé Lassémillante et Draunathrya Ortoo. Lors du procès, contrairement à ce qui a été dit lors de l’enquête préliminaire devant la Cour de Rose-Hill, il a affirmé qu’une entrée dans le Diary Book de la police n’était pas vraie : « Mo dakor ki finn ariv enn grav erer. Mo finn bat Bruce Lee. » Nunhoo a soutenu qu’il n’a jamais dit ces mots. Pourtant cette entrée n’a jamais été contestée avant. Me Gowry-Bhurrut devait soutenir que le prévenu essayait d’inventer une version après 10 ans pour se sortir d’affaire.
Le Dr Satish Boolell était, au moment des faits, médecin légiste de la police. C’est lui qui a autopsié la victime et a révélé qu’il a eu plusieurs blessures sur tout le corps. La mort est survenue à cause d’un coup violent à la tête avec un objet dur causant une fracture au niveau du crâne et une lacération du cerveau. Le juge Benjamin Marie Joseph a précisé au moment de la sentence que les blessures montrent que Bruce Lee a été « sauvagement agressé ». Un fort taux d’alcool a été détecté dans le sang de la victime. Le prévenu aurait difficilement pu se défendre des attaques contre lui.
Au moment de la sentence, le juge Benjamin Marie Joseph a soutenu qu’il fallait envoyer un signal au public avec les crimes qui sont commis de plus en plus souvent. Il a noté qu’il y a eu une absence de remords de la part de l’accusé. Vinay Nunhoo a un antécédent pour une affaire d’agression et il est agent politique. À noter que le législateur avait prévu une sentence allant jusqu’à 20 ans de prison pour ce délit au moment où le crime a été commis. La peine maximale pour ce délit est maintenant de 45 ans.