Le procès de Samuel Edgar pour homicide sur la personne de Veekram Boojhawon le 7 août 2008 à Mahébourg, s’est tenu hier en Cour d’assises, présidée par le juge Benjamin Marie-Joseph. L’accusé a plaidé coupable. La sentence sera rendue ultérieurement.
Selon la version de l’inculpé, qui était défendu par Me Bala Mukan, il n’avait pas l’intention de tuer la victime. « Mo ti sou sa zour-la. Mo pa ti anvi touy li. Mo ti anvi selman pik li », a-t-il indiqué hier alors qu’il était dans le box des témoins.
Le jour de l’incident, a déclaré l’accusé, qui est âgé d’une trentaine d’années et qui opérait comme beach hawker pour vendre des colliers qu’il fabriquait avec des coraux, il a croisé la victime après qu’il eut consommé plusieurs verres de vin. Il n’était pas très familier avec le jeune Veekram Bhoojawon, qui n’avait que 22 ans.
Les deux buvaient dans la même taverne. Samuel Edgar s’est souvenu avoir eu maille à partir avec le frère de Veekram, avec lequel il s’est bagarré. D’ailleurs, a fait ressortir l’accusé, il a toujours une cicatrice à l’arrière d’une oreille, une trace laissée par un coup que lui avait porté le frère. Instinctivement, il s’est saisi de la paire de ciseaux qui se trouvait dans son sac de travail. « Mo ti anvi pik li enn kout », a-t-il déclaré à l’avocat de la poursuite qui voulait savoir s’il voulait se venger. « Mo pa ti ena vanzans kont li. »
Le Dr Satish Boolell, ancien Chief Police Medical Officer, qui était le médecin légiste ayant pratiqué l’autopsie, a souligné qu’avec la quantité d’alcool que la victime avait dû consommer, il lui a été impossible d’offrir la moindre résistance aux coups que son agresseur lui a assénés. Dans son rapport, qu’il a produit en Cour, mention est faite des nombreuses blessures reçues par la victime.
Le juge devra tenir compte du fait que l’accusé a passé 933 jours en détention, ainsi que du casier judiciaire de Samuel Edgar, qui fait état de quelques délits dont il s’est rendu coupable, allant des actes de vol avec violence à des agressions.