Dans les grandes capitales européennes, particulièrement à Londres, à Paris, à Berlin et à Moscou, ainsi que dans les pays colonisés (à l’époque) qui avaient envoyé des milliers de leurs ressortissants pour combattre sur les fronts, on célèbre, aujourd’hui, le centenaire de la signature de l’Armistice. Cette signature fut apposée par les pays belligérants, le 11 novembre 1918, et mit fin à la Première Guerre mondiale (la Grande Guerre de 14-18).

Ce conflit, parti de banales querelles territoriales serbo-autrichiennes qui avait dégénéré avec l’assassinat de l’archiduc héritier d’Autriche à Sarajevo (Bosnie Herzégovine), le 23 juin 1914, se répandit sur l’ensemble de la planète, du Japon aux États-Unis, en passant par la Turquie, et fit environ 18,6 millions de morts en seulement quatre ans. L’île Maurice, alors colonie britannique, compta jusqu’à 3 500 soldats sur les champs de bataille et plus d’une centaine y perdit la vie, un grand nombre à Bassorah, en Mésopotamie (l’actuel Irak).

A Maurice, la cérémonie du centenaire de l’Armistice sera marquée, ce matin, comme c’est la tradition depuis 1922, par un rassemblement de dignitaires devant le Monument aux Morts érigé en face du collège Royal de Curepipe. Ce rassemblement, qui réunira également les anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, debout débutera par des dépôts de gerbes à partir de 10 h 45. A 11 h, le Last Post sera joué par la fanfare policière et une minute de silence sera observée dans tout le pays en mémoire de tous ceux, militaires et civils, tués lors des guerres.

Après la cérémonie officielle, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, procédera au lancement d’un livre commémoratif marquant le centenaire de l’Armistice ainsi qu’à l’inauguration d’une exposition de photos dans le hall du collège Royal.

Sur le plan religieux, une messe sera dite à partir de 9 h en l’église anglicane St – Clément, à Curepipe. La messe sera précédée par un dépôt de gerbes au cimetière de Phoenix par le haut-commissaire britannique. Suivra, dans l’après-midi, un Trideum par le diocèse catholique en la cathédrale St – Louis.

Plaidoyer pour
un comité national
d’organisation

Pour l’Histoire, il faut consigner qu’un certain nombre de suggestions avaient été faites en dehors du circuit officiel de l’Etat pour que le centenaire revête un cachet un peu plus grandiose que d’ordinaire. En effet, à l’initiative de Christophe Leroux, remuant membre de l’organisation non gouvernementale SOS Patrimoine en péril, pas moins de sept propositions avaient été faites au gouvernement dès le mois d’août dernier. Il semblerait que seule l’exposition de photos de soldats mauriciens a été retenue parmi ces propositions. Il faut d’ailleurs préciser que l’expo en question repose presque exclusivement sur des recherches entreprises par des étudiants du Lycée Labourdonnais, de l’école du Centre/collège Pierre Poivre.

SOS Patrimoine en péril avait, entre autres, suggéré  qu’un canon mobile de la Special Mobile Force soit déployé devant le Monument aux Morts en attendant que soit retracé un trophée de guerre allemand donné par le War Office britannique qui, initialement, trônait devant le collège Royal ; qu’une journée porte ouverte soit organisée au Fort George, à Port-Louis, vu que ce fort a joué un rôle très important durant les guerres de 14-18 et de 39-45 ; qu’une plaque commémorative soit placée devant l’Hôtel du gouvernement, car c’est là que fut tenue la toute première célébration de l’Armistice avant que le Monument aux Morts ne sois placé devant le collège Royal à Curepipe ; enfin, au nom de l’ONG, Christopher Leroux avait exprimé « le voeu qu’un National Task Force Committee soit constitué par le gouvernement afin que chaque année un hommage digne de leur sacrifice soit rendu à tous les soldats mauriciens morts lors des guerres, soit un comité national comme il en existe déjà pour commémorer les grandes fêtes religieuses dans le pays ».