Yves Fanchette n’est plus. Commissaire général des deuxièmes Jeux des îles en 1985 et secrétaire général du Comité organisateur des JIOI de 2003, il laissera l’image d’un visionnaire et d’un amoureux du sport tant local qu’international.
Homme posé, modeste, méticuleux, Yves Fanchette, tout en étant un passionné, était toujours à la recherche d’une certaine perfection. Tant et si bien qu’il sera jusqu’à tout récemment le bras droit de l’ancien ministre des Sports et actuel Chief Executive du Trust Fund for Excellence in Sports, Michael Glover.
La passion de la chose sportive, Yves Fanchette la connaîtra au début dans d’anciens titres de l’époque, dont l’Action. Au cours des années 1970, ce haut cadre de la compagnie Shell apportera sa contribution à l’hebdomadaire Week-End à travers sa rubrique “Bloc Notes” et à Week-End Sports Magazine. Ses analyses pointues de l’évolution d’un sport mauricien qui se cherchait encore étaient déjà visionnaires.
Comme en témoigne celle portant le titre de Pas seulement les hommes, mais l’approche, datant du 23 octobre 1983 : « Dans toute action, pour le court ou le long terme, le monde sportif devra faire preuve d’initiative et d’imagination. Le jour où le sport mauricien ne pourra plus se situer en état de sous-développement n’est pas arrivé. Les prochains Jeux des îles devraient à notre avis aider à combler une partie des lacunes. »
L’homme qui vivait à fond les différentes éditions du Tour de France dans les colonnes du Mauricien et qui était connu par certains comme “l’Antoine Blondin mauricien”, était alors sollicité par Michael Glover pour agir comme commissaire général des JIOI de 1985, soit la manifestation sportive la plus grandiose organisée sur notre sol.
Organisateur méthodique et consciencieux, et également perfectionniste — il s’entoure d’autres passionnés tels que Myrna Lapierre, Jacques Malié, Pierre Philogène et Gaëtan Lufor, entre autres —, Yves Fanchette se donne corps et âme pendant 21 mois et ne laisse rien au hasard. L’île Maurice sportive a un défi à relever et il veut contribuer à sa façon à la réussite de l’événement.
Mais voilà, le destin se veut cruel. À son entrée au stade George V où se déroule la cérémonie d’ouverture, il s’écroule, victime d’un infarctus. Il n’assistera pas à “ses” Jeux. Cependant, modeste, il avouera plus tard, soit le 24 septembre 2005 dans une interview au Mauricien : « Si les Jeux ont été réussis, c’est que j’ai eu la chance d’avoir des personnes compétentes là où il le fallait. Ma philosophie à moi, c’est de mettre the right man at the right place. »
Remis de sa maladie, Yves Fanchette ne jette pas l’éponge pour autant. C’est ainsi qu’il apportera son soutien entre autres à l’organisation du championnat d’Afrique des nations de volley-ball féminin en 1989 et au championnat d’Afrique d’athlétisme en 1992.
Après avoir pris sa retraite de Shell, il reviendra à ses premières amours, soit collaborateur cette fois dans la rubrique du sport international au Mauricien. Toutefois, Michael Glover n’a pas oublié son fidèle lieutenant. Aux JIOI de 2003, il sera secrétaire général du comité organisateur. Cette fois, Yves Fanchette pourra apprécier son oeuvre dans toute sa plénitude.
Celui qui avait aidé à la relance du Tour de l’île Maurice cycliste en 1980, avec l’apport de Robert Steulet et de Maurice Enouf notamment, aura pour dernière mission de collaborer auprès de Michael Glover au Trust Fund for Excellence in Sports. Ce sera son dernier défi.
Puisse l’oeuvre discrète servir d’exemple à nos dirigeants sportifs.