Ce 16 août, nombreux sont les fans d’Elvis Presley à commémorer la mort du chanteur. Gérard Bergicourt, le King Creole Presley local, et Michel Moreau, membre de ElvisMatters en Belgique, se souviennent encore. Michel Moreau parle du disque le plus vendu d’Elvis, à savoir “It’s now or never”, écoulé à 25 millions d’exemplaires, à égalité avec Rock around the clock de Bill Haley. Quelque 37 ans après sa mort, la légende est toujours vivante. One for the money, two for the Show, let’s go down memory lane…
Crying in the Chapel semble être la chanson de circonstance en ce jour de commémoration. Memphis, le berceau du blues, pleure son chanteur phare. Michel Moreau, d’origine Belge, établi depuis sept ans à Maurice, a lui-même découvert, alors qu’il avait 12 ans, sur une radio belge, la voix d’Elvis Presley. Conquis, il est aujourd’hui un des fans restant le plus scotché à l’actualité entourant Elvis. « C’est le seul artiste à avoir eu, le 16 août 1997 à Memphis, un anniversaire post-mortem. Sur l’estrade, il y avait une trentaine des musiciens qui l’avaient accompagné et le Memphis Symphony Orchestra. Les fans étaient venus de tous les pays pour fêter le 20e anniversaire de sa mort. Elvis défilait sur grand écran. This concert was the prototype for the 1998/99 touring production Elvis-The Concert. By being the first performer ever to headline a live concert tour while no longer living.  Elvis made history again. Des images de lui ont ému bien des fans. J’ai aussi pris une photo de la cadillac rose qu’Elvis avait offerte à sa mère Gladys devant sa maison, à Graceland. »
Michel Moreau explique que le King est l’inventeur de la “rockabilly”. « That’s All Right Mama est une chanson d’Arthur Crudup, dont l’interprétation la plus célèbre est celle d’Elvis Presley, en 1954, éditée par Sun Records. Certains considèrent que l’enregistrement de ce disque par le King représente l’acte fondateur du Rockabilly. La reprise d’Elvis Presley est enregistrée le 5 juillet 1954 à Memphis. Le chanteur s’était rendu au studio de Sam Phillips avec l’intention de chanter la ballade country I Love You Because. À la fin de la séance, il improvise That’s All Right et Blue Moon of Kentucky avec les deux musiciens de studio qui l’accompagnent, le guitariste Scotty Moore et le contrebassiste Bill Black. C’est presque par hasard que Phillips enregistre les deux titres, mais il découvre chez Elvis ce qu’il recherchait. Il se dit : “Si je trouvais un Blanc qui ait le son noir et la sensibilité noire, ça pourrait me rapporter un million de dollars”. »
Showman
Intarrissable sur le sujet, Michel Moreau raconte que l’impresario d’Elvis, qu’on surnommait le colonel, Tom Parker, découvrit le talent de Presley le 6 février 1955. Elvis n’était alors qu’un jeune camionneur recruté par Sun Records. « C’est Parker qui fit décrocher à Elvis un gros contrat avec RCA Records. On lui reprochait d’avoir exploité son poulain. Il l’aurait même détourné du rock au profit de films mélos tournés à Hollywood. » Il dira aussi qu’Elvis était un homme qui savait faire de sa voix un mélange de rythmn and blues, de gospel, de country et de rock. « Le génie de Presley réside dans son style, qui est unique et inégalable. »
Gérard Bergicourt, lui, parlera de ce fameux Disque de l’Année à Maurice où Elvis Presley et Cliff Richard étaient les deux favoris. « Cliff avait gagné et les fans de Presley disaient que le vote était truqué et que c’est le King qui était le gagnant. Tout cela pour dire qu’autrefois, Presley s’était fait une place dans le coeur des fans mauriciens. Presley a popularisé le rock avec son blouson en cuir et ses déhanchements. Il provoquait l’hystérie, c’était un showman. » Gérard Bergicourt s’est également mis dans la peau du King en reprenant ses titres phares : « C’était devenu une tendance d’imiter le King. Ses déhanchements, ses morceaux. Mon préféré reste It’s now or never. » Gérard est tellement imprégné qu’il décide de produire l’Elvis Presley Show en 1965 au Plaza. La première partie du spectacle était consacrée aux morceaux populaires de l’époque et la deuxième partie, à trois clones d’Elvis Presley : « Benjamin Lubin, Claudio Cassimally et moi-même, avec les Stardusters, on a fait revivre ce moment inoubliable. La salle était bondée. Il n’y avait plus de places. Et à l’extérieur du Plaza, il y avait également foule. Le billet était à Rs 2,50. »
C’est au restaurant El Brasero, à Abidjan, que Michel Moreau fera la connaissance de Gérard Bergicourt. « Quand je l’ai entendu chanter Elvis, j’étais sous le charme. Lorsque j’ai décidé il y a sept ans de m’installer à Maurice, j’ai appelé un pote sans savoir que Gérard travaillait chez lui et je lui ai dit, essaye d’avoir le numéro de Gérard Bergicourt et il m’a dit attends, je te le passe. Et, depuis, on se fait un devoir chaque année de commémorer la mort d’Elvis. » Le rêve de Michel Moreau est de relancer un fan-club d’Elvis et de permettre aux collectionneurs de se mettre au parfum de tout ce qui a trait au King. « Il y a un collector des meilleurs titres d’Elvis qui est sorti cette année et qui n’est connu que des “die-hard”. Avec Gérard Bergicourt, notre autre souhait, pour l’an prochain, c’est de monter un spectacle en hommage au King. » Ceux qui ont visité Graceland, qui ont des photos inédites ou des archives datant de l’époque du King peuvent se mettre en contact avec Michel Moreau (e-mail: moreaumichel@telenet.be).