RAMA POONOOSAMY

Eric Nicolas, éducateur respecté qui a côtoyé trois générations d’étudiants, est parti le 26 décembre dernier à l’âge de 91 ans. Dans la discrétion, l’humilité et l’élégance qui le caractérisaient.

Né en septembre 1927 à Beau-Bassin dans une famille modeste, son père décéda quand il avait 17 ans. Il fréquenta l’école Saint Enfant Jésus à Rose-Hill, obtint la petite bourse et étudia au collège Royal de Curepipe. L’aîné de la famille, il s’occupa de ses frères et sœurs et débuta sa carrière d’enseignant de maths et de chimie au collège du St-Esprit.

Eric Nicolas enseigna ensuite à La School et au collège Royal de Port-Louis, tout en se préparant en tant que Overseas Student pour son BA Science de la University of London. In 1954, he got his Bachelor’s degree but ceased instantly to be bachelor as he got married to Yvonne Ythier. Ils avaient eu deux filles et deux garçons avec lesquels Eric avait partagé ses valeurs et son sens de la famille. Sa femme l’accompagna à Oxford quand il décrocha une bourse de six mois de la prestigieuse université.

Après sa longue carrière au RCPL, il fut recteur du collège John Kennedy de 1971 à 1974 et c’est là qu’étudiant, j’eus le privilège de faire sa connaissance. C’était un homme du savoir qui avait à la fois des principes et un sens de l’humour. Quand il savait qu’il y avait des élèves qui faisaient l’école buissonnière, il allait les chercher au jardin Balfour, les grondait et les ramenait dans sa Wolseley grise… Sa fille, Marie Claude Goder, m’a également dit qu’il avait conduit sa fidèle D 256 jusqu’à l’âge de 80 ans.

Eric Nicolas travailla ensuite au MIE, en devint le directeur adjoint, et prit sa “retraite” à 60 ans en 1987. Puis, il contribua à l’administration du Cours Jeanne d’Arc de 1989 à 1997.

Il avait une vie sociale bien remplie. Eric avait pratiqué le tennis au Cercle de Rose-Hill, était membre et Président de l’Association St-Vincent de Paul, et était très actif à la Fabrique de l’Eglise St-Jean. Il aimait rencontrer les autres, était à l’écoute de gens modestes et aidait les nécessiteux.

Eric Nicolas et sa fi dèle Wolseley en 2000

Eric Nicolas appréciait l’art et la littérature, lisait les auteurs mauriciens et assistait souvent aux concerts et aux spectacles. On s’est rencontrés à une représentation de la Veuve Joyeuse en octobre dernier et on s’est vus à l’occasion du dernier spectacle auquel il a assisté, le Spectacle d’Humour 2018% Mauricien !

Deux conseils de cet homme exemplaire à ses proches : « Être toujours au service des démunis, toujours faire travailler ses neurones quel que soit son âge, continuer à lire et à calculer… »  Le mot de la fin revient à Eric le philosophe : « Mo bien ar tou dimonn mé pa zot tou ki bien ar mwa ! »

Adieu, Gentleman !