Cher José,
permets moi de te saluer une dernière fois, toi, l’amoureux inconditionnel du Jazz, toi qui avais su résoudre l’équation Musique savante/Musique populaire, mettant à la portée du plus humble, l’outil de son autonomie musicale et sociale. Je te rends hommage, je vois en premier ta générosité d’âme, ton sourire, ton feeling, ton leadership avec les enfants, lorsque le swing impulsait un être ensemble concret et palpable. Toi qui avais compris que le Jazz était fondamentalement une musique créole et universelle, tu l’as portée sous nos cieux, tu te fis passeur, comme Ernest, ton complice, tu as su pratiquer l’art de la transmission… Toi aussi, tu aurais pu penser à toi uniquement et mener une carrière pure et simple, brillante, mais tu décidas de te nourrir d’enseigner ce que tu aimais par dessus tout et tu n’en brilles que plus aujourd’hui. C’est ton enthousiasme qui a pu déplacer ces montagnes et faire comprendre à quiconque que dans le regard d’un enfant se trouve toujours l’étincelle du génie qui sommeille en chacun de nous et qu’il convient de réveiller. Hommage à toi donc qui as su plus que d’autres, construire l’art d’une pédagogie et enseigner l’amour de la musique. Ton exigence et ta proximité, ta disponibilité étaient tes qualités… Je pense aujourd’hui à tous ces enfants qui ont eu la chance de te connaître et te côtoyer, je mesure leur tristesse… Mais ton exemple fait que la conscience des jours meilleurs ne nous fera pas baisser les bras, plus que jamais, le flambeau devra être maintenu pour que d’autres enfants, à leur tour, puissent connaître la même découverte et le même épanouissement afin qu’il devienne ni plus ni moins, … qu’un droit.
Je t’imagine déjà là-haut, avec ton sax, parmi les plus grands que tu affectionnais tant.
Je m’incline devant ton souvenir et me permets d’adresser à ta famille et tous les tiens, mes condoléances et mes sentiments sincères de la plus vive compassion.