Un grand homme, un grand Mauricien, un grand ami s’en est allé. Grand aussi bien au barreau que dans son combat pour une île Maurice plus juste.
Mon amitié et ma collaboration avec Guy Ollivry remontent aux années 70. En effet, à cette époque, le combat mené par Maurice Lesage et Raymond Rivet au sein de l’Union Démocratique Mauricienne (UDM) pour la démocratie et les Droits de l’Homme, ont été les éléments déterminants pour mon adhésion au sein de ce parti politique.
Je me souviens de ces innombrables grandes actions menées par Guy Ollivry. Mon ami avait alors repris le flambeau du leadership, tenu pendant plusieurs années par Maurice Lesage.
Il me revient à l’esprit l’inlassable combat de Guy Ollivry sur plusieurs fronts. Avec passion et dévotion, il avait oeuvré pour les plus démunis. C’est avec la même combativité qu’il avait travaillé pour le respect des droits humains et de la démocratie. L’idée de la participation avait d’ailleurs été le fer de lance de l’action du parti.
Je me remémore avec nostalgie de ces moments où mon ami Guy Ollivry s’était légalement opposé au projet du gouvernement d’alors, dont l’objectif était d’augmenter la caution électorale. En effet, à cette époque, il était proposé que cette somme passe de Rs 100 à Rs 5,000 ! Imaginez-donc le symbolisme de cette mesure ! Comme le défendait si bien Guy Ollivry, il serait injuste de priver beaucoup de Mauriciens du droit de se porter candidats tant aux élections municipales que générales. Je me rappelle même que Guy disait que si cela ne profiterait pas au parti, au moins tous les Mauriciens quels qu’ils soient ne devraient pas être lésés dans leurs droits. Et celui de prendre part aux élections est certainement un droit fondamental.
Ses efforts n’ont pas été vains puisque la Cour Suprême lui avait donné raison. Au final, la caution a été ramenée à la somme initiale. Son acharnement à trouver une formule plus juste pour assurer une représentation plus équitable à travers un système électoral en proposant l’introduction d’une dose de proportionnelle est également une initiative salutaire.
Outre les droits humains et démocratiques, Guy Ollivry se passionnait pour d’autres causes. Il a été un des premiers à signifier l’importance du développement des ressources marines et de l’océanographie. Figurez-vous que dans les années 70, il proposait déjà la création d’un ministère de la mer. Il avait l’âme d’un visionnaire. Ses actions dans le domaine de l’éducation ont également marqué l’île Maurice.
Pour avoir été à ses côtés, je peux témoigner que Guy Ollivry a été un véritable Mauricien et un grand patriote. Je garde de lui le souvenir d’un grand Mauricien, d’un homme humble avec une belle générosité et une combativité indéfectible.