Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, exprime son souhait de seconder la motion que présentera le Premier ministre, Navin Ramgoolam, mardi à l’Assemblée nationale en vue d’une séance spéciale, vendredi, pour un hommage parlementaire à Nelson Mandela. Séance spéciale qu’il souhaite digne du grand homme et sans « cheap politics ». Le chef de l’opposition réclame par ailleurs la démission du ministre des Sports, Devanand Ritoo, après que le Comité international olympique (CIO) a, dans une lettre, clairement laissé entendre qu’il n’a pas donné son aval au Sports Bill actuellement en discussions au parlement.
Le leader de l’opposition revient sur la « pagaille » qui, selon lui, secoue depuis ces dernières semaines le gouvernement. Il rappelle que le Premier ministre a « intentionnellement » quitté l’hémicycle au moment du summing-up des débats budgétaires par son ministre des Finances, Xavier Duval, et affirme ne pouvoir « imaginer » qu’en son temps, sir Seewoosagur Ramgoolam ait pu envisager une telle démarche envers sir Veerasamy Ringadoo « ou n’importe qui d’autre ».
Il note que Xavier Duval a « répliqué » en s’arrangeant, d’une part, pour ne pas être présent au Festival créole et à la clôture, et, d’autre part, des travaux parlementaires en committee stage. Il note de plus que le ministre des Finances, qui était en voyage officiel à Paris, a vite fait de quitter la capitale française au moment même où le chef du gouvernement y est arrivé.
Paul Bérenger trouve que le ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree, qui a eu la responsabilité de remplacer son collègue des Finances en committee stage, s’est, selon lui, « ridiculisé ». Pour lui, le fait que le secrétaire financier n’était même pas présent pour soutenir à l’Assemblée nationale le ministre suppléant ne peut être qu’un de ces « mauvais signaux » que le gouvernement adresse aux investisseurs étrangers.
Paul Bérenger souligne, d’autre part, que le ministre des Sports, Devanand Ritoo, a clairement laissé entendre qu’il avait obtenu le feu vert du CIO pour son Sports Bill et que si cela s’avérait erroné, il démissionnerait. Or, le leader de l’opposition fait état de la lettre en date du 3 décembre parue dans la presse, hier, et signée Jérôme Poivey, Head of Institutional Relations and Governance du CIO.
Dans cette lettre, le haut responsable du CIO déclare non seulement, de manière catégorique, que l’instance internationale olympique n’a pas donné son aval au projet de loi présenté, mais précise de même que le CIO souhaite qu’une réunion se tienne au plus vite afin de « peaufiner et de finaliser le projet en plein accord entre toutes les parties, dans un cadre de dialogue ouvert et constructif et sans précipitation inutile ». Devant tout cela, le chef de l’opposition trouve que le ministre « se doit de démissionner s’il a un peu de dignité ».
« Discours infect et hystérique de Mohamed »
Toujours au sujet de ce Sports Bill, Paul Bérenger juge « éloquent » que le Premier ministre ait, dit-il, choisi que ce soit le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, qui soit intervenu mardi dernier après lui, au moment des débats sur le projet de loi. Le leader de l’opposition parle de « discours infect et hystérique » de Shakeel Mohamed. Il ne manque pas de faire le contraste entre le discours du ministre du Travail, mardi, et celui qu’avait prononcé, en 1999, Navin Ramgoolam lors de la présentation de l’ancien Sports Bill durant son premier mandat comme Premier ministre.
Navin Ramgoolam avait alors, rappelle-t-il, pris résolument position contre le communalisme dans le sport et s’était prononcé pour la régionalisation qui, disait-il, allait consolider la construction de la nation. Aussi, pour Paul Bérenger, le discours de Shakeel Mohamed, mardi, est venu littéralement ridiculiser celui prononcé à l’époque par le chef du gouvernement sur le même sujet. Le leader de l’opposition rappelle qu’en 2012, dans le sillage du jugement du Comité des Droits civiques et politiques des Nations unies dans l’affaire Rezistans Ek Alternativ, Navin Ramgoolam avait pris position contre la réintroduction du recensement des communautés qui avait été aboli en 1982.
Or, argue Paul Bérenger, dans une interview de presse le 8 septembre 2012, le même Shakeel Mohamed ne s’était pas fait prier pour qualifier « d’hypocrites » tous ceux qui ne veulent pas d’un tel recensement. « Honte à Navin Ramgoolam ! » commente ainsi le chef de l’opposition, qui réitère son appelle aux jeunes et aux sportifs pour s’opposer au retour du communalisme dans le football.
Au sujet de l’ordre du jour des travaux parlementaires prévus mardi prochain, le leader de l’opposition souligne qu’une fois de plus le gouvernement a eu recours à un subterfuge pour faire qu’il n’y ait pas de PNQ ni de PQ inscrites à l’agenda. Ce qui, selon lui, démontre sa « frousse » pour les interpellations venant de l’opposition. Il ne manque pas à cet effet de dénoncer ce procédé.
Paul Bérenger, qui prévoit par ailleurs un nombre record de chefs d’États aux funérailles du leader historique de l’African National Congress et héros de la lutte anti-apartheid, exprime son souhait de seconder la motion que présentera, mardi, le Premier ministre à l’Assemblée nationale en vue d’une séance spéciale vendredi pour rendre hommage à Nelson Mandela. « Je souhaite aussi que cette séance spéciale se déroule de manière digne et qu’il n’y ait pas de cheap politics », déclare le chef de l’opposition. Paul Bérenger dit se réserver pour cette occasion solennelle en vue de dire tout le bien qu’il pense du premier président démocratiquement élu d’Afrique du Sud.