Le DPP et son équipe ont organisé hier une cérémonie pour l’inauguration du Rajsoomer Lallah Lecture Hall and Library au 16e étage de la Garden Tower. Un moyen de rendre hommage à l’ancien chef juge qui est considéré comme l’un des plus fins intellectuels du droit à Maurice, principalement dans le domaine des droits humains où il a été le longest serving member of the UN Human Rights Committee.
Beaucoup de choses ont été dites sur Rajsoomer Lallah depuis sa disparition en juin. Cet ancien chef juge était considéré comme l’un des plus brillants intellectuels du pays surtout en matière de droits humains. Cet ancien étudiant du Balliol College d’Oxford a laissé une trace indélébile dans la jurisprudence mauricienne, au United Nations Human Rights Committee et au niveau du Commonwealth.
C’est pour rendre hommage à cet auguste personnage, élevé au rang de Queen’s Counsel en 1976, que le Directeur des poursuites publiques (DPP) Me Satyajit Boolell (SC) a décidé d’ignaugurer le Rajsoomer Lallah Lecture Hall and Library au 16e étage du Garden Tower à Port-Louis. Cela fait déjà quelques mois que les officiers du bureau du DPP ont déménagé dans ces nouveaux locaux.
La cérémonie organisée par le bureau du DPP s’est tenue notamment en présence du Chef juge Bernard Sik Yuen, du Senior Puisne Judge Keshoe Parsad Matadeen, de l’Attorney General Yatin Varma, de sir Hamid Moolan (QC), sir Victor Glover (QC), la veuve du défunt Pushpa Lallah et quelques membres de sa famille.
« Il aurait apprécié ce geste. Une bibliothèque et un lecture theatre c’est le genre de choses qu’il aimait », nous confie Pushpa Lallah. Son époux, dit-elle, adorait les livres. Pushpa Lallah a, avec sir Hamid Moollan (QC), procédé à l’inauguration officielle en dévoilant la plaque commémorative. Rajsoomer Lallah s’est également beaucoup investi dans le domaine de l’éducation tertiaire. Il a été Pro Chancellor et aussi Chairman de l’Université de Maurice. En 1983 il a été le Chairman de la commission pour revoir les études légales à Maurice, en préconisant l’institution d’une Law School à l’UoM.
Quelques membres du State Law Office ont commenté quatre des jugements les plus connus de l’ancien Chef juge dont l’affaire Attorney General vs Navin Ramgoolam et Sir Gaëtan Duval vs François. Selon les avocats de l’État, « Justice Lallah remains one of the authorities when it comes to human rights and constitutional matters. » C’est pour cela que ses nombreux jugements sont si souvent utilisés comme référence dans les Cours de justice.
Les jugements de Rajsoomer Lallah se distinguaient par leur simplicité, des mots scrupuleusement choisis et les valeurs qui en découlent. Me Boolell (SC) n’a pas manqué de rappeler que le pays a perdu en juin un « eminent child », quelqu’un de vraiment « spécial ». Il devait citer la juge Christine Chanet (Cour d’appel de Paris et siégeant au Comité des droits de l’Homme des Nations unies) : « He has the soul and the spirit of a judge… He contributed in the liberalisation of Chile ». Il a été le Special Rapporteur sur la situation du respect des droits humains au Chili au début des années 80 pendant le règne de Pinochet. Rajsoomer Lallah reste le longest serving member of the UN Human Rights Committee.