C’est un appel au nom de la mémoire. Celle d’un pays, d’une culture, d’une manière d’être. Une mémoire qui se vit au présent et sur laquelle se construit le futur, mais que l’on tend un peu plus à oublier. Elle se dissout, se disperse, comme les échos de la dernière note frappée sur un triangle tordu dans de la feray kar. Le triangle de Ti-Frer ne résonne plus, on ne l’écoute plus, on l’a oublié. C’est presque un péché.
L’appel lancé ici vient de Lucien Putz. Il y a 25 ans, dans ces mêmes colonnes, il soulignait l’importance de sauvegarder l’héritage de Ti-Frer, après avoir été la cheville ouvrière du projet qui a abouti à l’enregistrement du tout premier CD du griot, réalisé par Ocora Radio-France en 1989.
Il y a quelques semaines, Scope l’avait retrouvé alors qu’il était en vacances à Maurice. Ensemble, nous avions feuilleté le livre des souvenirs. De retour en Belgique, et comme il nous l’avait promis, Lucien Putz nous partage cette réflexion sur la nécessité de faire revivre Ti-Frer ainsi que ces quelques photos en couleurs réalisées dans le cadre de l’enregistrement du CD.