People take part in the 'Prayer walk for Sinners' rally in Hong Kong on August 31, 2019. - Thousands of pro-democracy protesters defied a police ban on rallying in Hong Kong on August 31, a day after several leading activists and lawmakers were arrested in a sweeping crackdown. In an attempt to sidestep the protest ban, crowds carried crosses and sang "hallelujah" after calling on protesters to form religious gatherings, which do not require the same stringent permission from authorities. (Photo by Philip FONG / AFP)

Les manifestants hongkongais s’en sont pris mardi, pour la deuxième journée consécutive, au réseau de transport de la mégapole, au lendemain d’une des journées les plus violentes en cinq mois de mobilisation prodémocratie.

Lundi, un manifestant a été blessé par balle par un policier et un homme a été transformé en torche humaine, au moment où les transports de la ville étaient paralysés par de multiples actions.

Mardi matin, des petits groupes de manifestants mmasqués ont à nouveau bloqué des axes routiers, jeté des objets sur les voies ferrées et retenu des métros.

La circulation des bus et des métros était sérieusement perturbée, pour la deuxième journée consécutive, dans de nombreux quartiers de la ville.

La tension était également vive dans un grand nombre d’universités de la mégapole. La police a tiré des gaz lacrymogènes en direction des manifestants qui bloquaient les routes menant à l’Université de la ville de Hong Kong.

Des protestataires radicaux, portant un masque sur le visage, ont dressé des barricades et bloqué des routes à l’université de Hong Kong et l’université chinoise de Hong Kong. A l’université polytechnique, des émeutes ont eu lieu alors que la police tentait d’interpeller une étudiante.

Mardi midi, dans le quartier de Central, qui abrite nombre de grandes entreprises étrangères et de boutiques de luxe, des milliers d’employés de bureau ont organisé des rassemblements spontanés à l’heure du déjeuner. Ils scandaient: « Battez-vous pour la liberté, soutenez Hong Kong! »

Des petits groupes de manifestants ont bloqué des rues et des artères de ce quartier, entraînant le déploiement de la police anti-émeute pour la deuxième journée consécutive.

Les journaux d’Etat chinois ont déclaré mardi que l’Armée populaire de libération (APL), qui possède une garnison à Hong Kong, était sur place afin de soutenir, si nécessaire, la police hongkongaise dont ils ont salué « la retenue ».

Hong Kong a connu lundi une des journées les plus violentes et chaotiques en 24 semaines de mobilisation.

– « Arrière-pensées » –

Les contestataires ont notamment réagi au tir à balle réelle reçu par un manifestant de 21 ans.

Tout au long de la journée, des manifestants ont mis à sac des stations du métro – qui est généralement d’une remarquable efficacité -, érigé des barricades à certains carrefours. Ils s’en sont également pris à des commerces accusées d’être favorables aux autorités pro-Pékin.

Les manifestants semblent avoir été particulièrement choqués par la vidéo, diffusée en direct sur Facebook, montrant un policier ouvrir le feu sur un protestataire masqué.

Cette vidéo, vite devenue virale, a poussé de nombreux habitants, déjà très remontés contre la police, à descendre dans les rues pour manifester leur colère.

Un peu plus tard, une vidéo, a circulé, montrant un homme en noir arrosant sa victime avec un liquide inflammable, avant de le transformer en torche humaine.

L’homme qui a été grièvement brûlé et celui a été blessé par balle se trouvaient toujours mardi dans un état critique, selon les autorités hospitalières.

Cette journée de violences a incité les puissances occidentales à exhorter la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, à trouver un compromis avec les manifestants.

« Nous condamnons la violence de toutes les parties (…) et appelons toutes les parties – police et protestataires –  à faire preuve de retenue », a déclaré un porte-parole du département d’Etat, qui a fait part de sa « grave préoccupation ».

De son côté, le ministère britannique des Affaires étrangères a jugé « profondément troublantes » les violences survenues lundi.

« Les manifestants devraient éviter la violence et la police ne pas répondre de façon disproportionnée », a déclaré le porte-parole de la diplomatie britannique.

Interrogée sur ces critiques, la diplomatie chinoise a rejeté les « arrière-pensées » de Londres et Washington et soutenu le policier qui a ouvert le feu.

« Comme on peut le voir sur la vidéo, l’émeutier a attaqué le policier en premier et ce dernier a réagi en conformité totale avec la loi », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Hong Kong est une région semi-autonome dirigée sous le principe « Un pays, deux systèmes », et jouit à ce titre de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu’en 2047.

Mais les militants pro-démocratie accusent Pékin de s’asseoir sur ses promesses en augmentant son emprise politique.

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