Ils seront encore nombreux, jusqu’au moins demain, lundi 2 novembre, à aller se recueillir dans l’un des cimetières de l’île sur la tombe d’un parent ou d’un ami défunt. En effet, loin de s’estompter, cette tradition d’honorer les morts au jour de commémoration des fidèles défunts le lendemain de la fête de la Toussaint perdure. Dès vendredi, Week-End s’en est rendu compte. Récit…
A en croire les préposés au cimetière paroissial de Saint Jean, la tradition de rendre hommage aux défunts n’est pas prête de s’estompter. La grande foule qui se presse depuis hier aux abords des différents cimetières se fera encore plus grande en ce dimanche de la Toussaint. D’autres s’y rendront demain, lundi 2 novembre qui se trouve être, en fait, la date exacte du jour de commémoration des fidèles défunts, plus connu à Maurice comme “la fête des morts”.
Outre de venir prier et fleurir les tombes de leurs proches ou amis disparus, beaucoup parmi ceux qui se rendent aux cimetières ces jours-ci en profitent pour remettre en état les tombes de leurs disparus. Ainsi, au cimetière de Saint Jean dans la matinée de vendredi, Gérard, 57 ans, s’affairait à repeindre et à embellir la tombe de son père et de ses grands-parents paternels. Hatitué des lieux, cet habitant du quartier raconte que depuis plus de 40 ans, il avait pour habitude d’accompagner son père pour s’adonner à cette tâche.
Depuis le décès de ce dernier en 2007, il a décidé de ne pas rompre cet engagement envers ses ainés. Pour Gérard, la période précédent la “Fête des Mort” n’est pas le seul moment durant l’année durant laquelle il se sent le devoir de remettre en état la sépulture familiale. “J’y viens aussi, notamment, avant les fêtes de fin d’année ainsi que durant les jours précédant Pâques pour une fraîche couche de peinture ou vider les vases à fleurs et y déposer de fleurs fraîches”. Interrogatif, l’homme se demande si les jeunes de sa descendance lui feront preuve, demain, d’une semblable sillicitude quand lui ne sera plus de ce monde…
Au cimetière Saint Jean, vendredi toujours, Léon, accompagné d’un collègue de travail étaient, eux, aux petits soins pour astiquer et laver à grande eau le caveau familial de leur patron décédé il y a une demie-douzaine d’années. Un véritable munument funéraire fait de pierres taillées de près de deux mètres de haut. Léon raconte que, de son vivant, son patron lui avait demandé d’assurer l’entretien de ce caveau qui abritait, déjà, la dépouille d’autres membres de la famille. A la mort du patron, l’humble employé a jugé tout à fait normal de faire perdurer cette habitude.
Mais, de l’avis même des rares artisans qui l’exercent encore de nos jours, le métier de la taille des pierres tombales et autres caveaux de pierres basaltiques taillées se meure à petit feu faute de relève parmi les jeunes. Aux Salines, à Port-Louis, à côté du vieux cimetière de l’Ouest, Josian, 53 ans, qui taille depuis 40 ans de la roche franche extirpée du sol à une certaine profondeur l’atteste: même si les commandes arrivent encore, il est, de plus en plus, difficile aujourd’hui d’intêresser des jeunes de se lancer dans ce métier, certes, exigeant mais combien gratifiant.
Quoi de mieux aussi que des fleurs pour témoigner de la reconnaissance ou de l’amour envers nos disparus. A cet égard, même si, pour l’occasion, chaque année, les prix prennent, un peu plus, l’ascenseur, les choix sont variés. Entre la rose rouge, symbole d’amour-passion et le chrysenthème qui n’a pour tout symbolisme avec l”hommage rendu aux morts que de ne fleurir en Europe durant la période coïncidant avec la fête de la Toussaint, le choix est assez varié et peut comprendre, entre autres, l’anthurium, la gueule de loup ou encore la plus modeste marguerite. A cet égard, tout est souvent, non seulement une affaire de goût mais plus encore, une question de moyens…