À l’occasion de la Journée internationale des Sites et des Monuments durant le week-end, je me suis déplacée en compagnie de ma famille pour m’enquérir quant à nos divers espaces patrimoniaux aux quatre coins de l’île, sur deux jours, pour vivre ce moment exceptionnel afin d’être fière de son passé riche en mémoire collective. C’est cela le mauricianisme, et non ces sempiternels slogans qu’on entend des citoyens, les uns plus hypocrites que les autres, crier à tue-tête sur tous les toits du monde qu’ils sont des Mauriciens avant tout. Je me demande combien de nos concitoyens ont fait le déplacement nécessaire en vue de se ressourcer auprès de ces vestiges d’un autre temps. Il ne me paraît pas avoir vu beaucoup de monde. Donc, un réveil de conscience s’avère pour se responsabiliser sur la conception de tous les pans de notre longue marche historique.
Grande fut notre déception en voyant l’état du Vagrant Depot et l’usage dégoûtant que les autorités en font. Il est situé juste à l’entrée de La Tour Koenig, à Pointe-aux-Sables, où il y a aussi d’autres présences du vécu de nos aïeux. L’inhospitalier fait légion et l’absence d’un officier ou d’une visite guidée est à déplorer.
Une cheminée de cuisine est peinte et cachée dans des broussailles. Cela fait pitié à voir. Ces incultes qui nous pourrissent trop souvent la vie ! Les cachots, on les reconnaît à peine.
Finalement, les photos racontent que ce n’est pas l’histoire d’un dépôt pour les immigrants-vagabonds mais plutôt un dépôt pour toutes sortes de vieillottes. Pour être simpliste, il s’agit d’un dépotoir serti de belles pierres taillées… Quelle chance pour les déchets!
Inacceptable le fait qu’un “kalimay” a élu domicile dans cet endroit insalubre transformé en un cimetière de voitures. On ne respecte ni Créateur ni créatures ici bas. On y trouve un énorme trou couvert de pneus usés où l’on enfermait les récalcitrants et autres récidivistes d’autrefois.
Triste le sort réservé à un environnement aussi historique, triste de subir le mépris des hommes, ces soi-disant responsables de la préservation et de la conservation de notre patrimoine…
On espère que ce lieu soit libéré de toutes ces ordures pour faire place à un véritable lieu de mémoire commun à tous les Mauriciens. Il est malheureux qu’on n’éprouve aucun respect pour la classe de ces laboureurs des champs sucriers issus d’un horizon lointain pour faire fleurir l’économie de cette ancienne île Maurice sous domination britannique et qui avaient été emprisonnés pour des raisons banales.
Heureusement pour nous tous que les voleurs et autres vandales ne sont pas passés par là. Sinon “ou ti pou trouv enn laplenn vid pe riy ar ou…”.
Ne banalisons pas davantage notre patrimoine, et ce en montrant au monde entier que nous n’avons aucune notion du devoir de mémoire.