«Il convient d’établir ce petit plus qu’est le contact humain avec le patient», dit-il

Dans son homélie à la traditionnelle messe de fin d’année du Dr A.G. Jeetoo Hospital, l’évêque de Port-Louis, le cardinal Maurice Piat, a insisté, hier matin, sur l’importance des «bedside manners» en vue d’un rétablissement complet des patients. Le prélat intervenait en présence, entre autres, du nouveau ministre de la Santé et du Bien-être, le Dr Kailash Jagutpal, du Regional Health Director de l’établissement hospitalier, le Dr Ismet Nawoor, des membres du personnel médical et paramédical de même que des patients.

Le cardinal Piat a, à cet égard, relaté une expérience personnelle qu’il a vécue du temps où il était enseignant au Collège du Saint-Esprit. Un de ses anciens élèves, qui avait été victime d’un accident de la circulation avait été hospitalisé. Quand il a rendu visite au jeune blessé, l’évêque de Port-Louis raconte que ce dernier se disait satisfait du traitement médical qu’il recevait de ses médecins traitants de même que du personnel infirmier.

Toutefois, a-t-il poursuivi, l’élève se disait encore plus heureux d’avoir, chaque jour, la présence discrète et aimante de sa vieille grand-mère à ses côtés sur son lit d’hôpital. “Certes, que l’on soit médecin ou infirmier, pour soigner, il convient d’avoir été adéquatement formé. Toutefois, au-delà des techniques de soin, il convient que le personnel soignant établisse ce petit plus qu’est le contact humain avec le malade. Ce que l’on appelle en anglais les ‘bedside manners’”, a fait valoir le cardinal.

Pour le prélat, cette nécessaire attitude humaine au chevet des malades en souffrance, le personnel médical et paramédical “ne saurait l’acheter”. L’évêque a souligné que empêtré dans son souci de santé, le patient se pose forcément des questions et qu’il convient, en substance, au personnel médical de trouver les bons mots pour le rassurer. “Il faut, certes, soigner le corps, mais il y a aussi une manière d’être discrètement présent auprès des malades”.

Le cardinal Piat a poursuivi en citant son expérience personnelle face à la maladie. Quand, dit-il, on avance dans l’âge comme lui qui a 78 ans, l’on ne peut s’empêcher de penser à la mort. “Un malade n’est pas un idiot”, a-t-il fait remarquer. Selon lui, ceux qui n’en ont pas pour longtemps sont même soulagés quand on leur parle de la mort qui, dit-il, dans la tradition chrétienne, “n’est qu’un passage vers une vie nouvelle”.

Placé, cette année, sous le thème “Comme Lui, Servir Avec Amour”, cette célébration à l’hôpital régional de Port-Louis a été l’occasion de rendre grâce pour tous les malades qui ont pu recouvrer la santé à la faveur des soins prodigués par le personnel soignant et paramédical. Dans un mot de remerciements, le Dr Nawoor a dit combien il était gratifiant pour le personnel de voir des patients se remettre de leurs maladies.