Un médecin en poste à l’Hôpital Jeetoo a été interdit depuis vendredi de ses fonctions par le ministère de la Santé pour deux raisons spécifiques : la pratique dans le privé sans autorisation et la prescription abusive de psychotropes. Il y a un peu plus d’un an, le ministère lui avait donné un premier avertissement alors qu’il exerçait comme gynécologue dans le même hôpital en le rétrogradant à la fonction de généraliste.
Dans un communiqué émis vendredi, le ministère précise que c’est à la suite d’une enquête interne qu’il a pris la décision d’interdire ce médecin de ses fonctions avec « effet immédiat ». Les raisons sont comme suit : « Exercice de la médecine privée sans autorisation du ministère, et prescription excessive de psychotropes contraire aux bonnes pratiques et à l’éthique médicale ». Le ministère ajoute qu’il a référé le cas à l’Ordre des Médecins pour une « enquête approfondie ».
Ce médecin a déjà eu maille avec le ministère de la Santé il y a plus d’une année. Il détient les qualifications nécessaires pour être gynécologue mais a été recruté d’abord comme généraliste dans le service public. Ensuite par manque de gynécologues il a été promu au grade de “acting specialist”. Selon nos informations, à la suite d’un problème sérieux, le ministère l’a rétrogradé au poste de médecin généraliste.
Il est bon de savoir que depuis une vingtaine d’années, les spécialistes de la Fonction publique ont le droit d’exercer dans le privé mais doivent obligatoirement avoir une permission du ministère de la Santé pour le faire. Ils doivent renouveler leur demande chaque année et le ministère examine scrupuleusement le dossier de chaque demandeur en tenant compte de sa performance dans le service public et de son comportement dans le privé. Selon nos informations, dans plusieurs cas ces dernières années le ministère a refusé de renouveler le permis. « Le médecin qui a le droit d’avoir une clientèle privée doit respecter certaines conditions. Par exemple, ce n’est qu’après 16 h qu’il peut examiner ses patients dans le privé et là aussi il doit être disponible en soirée pour le service public s’il y a des urgences », précise un généraliste travaillant dans un hôpital. Or le médecin suspendu travaillait comme généraliste.
Par ailleurs, le Medical Council a sur le bras une vingtaine de cas concernant divers types d’allégations contre des médecins, qui doivent passer devant son Investigation Committee. Plusieurs de ces plaintes logées auprès de cette instance qui contrôle la profession médicale concernent la gynécologie et l’octroi de medical certificates qui pourraient être des certificats de complaisance.
D’autre part, le Conseil d’administration du MC, sur la base des rapports soumis par l’Investigation Committee, a établi qu’il y a eu faute grave dans deux cas et les a référés au Medical Tribunal.