En prenant leur service hier matin à l’hôpital Jeetoo, des infirmières ont appris qu’elles étaient transférées vers l’hôpital Victoria, à Candos, avec effet immédiat. Elles sont très remontées contre le directeur de l’établissement qui les aurait rabrouées et qui aurait eu « une attitude grossière à leur égard », disent-elles, alors qu’elles voulaient lui faire part de leurs doléances en présence de Ram Nowzadick, le président de la Nursing Association (NA). Consternée par la réaction du directeur, l’une d’entre elles a même fondu en larmes. La NA, qui a demandé à ses membres de rester à leur poste à l’hôpital Jeetoo, tient une conférence de presse cet après-midi.
En raison de l’ouverture d’une nouvelle « female ward » à l’hôpital Victoria, le ministère de la Santé a procédé à un exercice de transfert d’infirmières et de Health Care Assistants en poste dans plusieurs hôpitaux régionaux. Une centaine de personnes sont concernées. Si ce transfert donne lieu a des protestations, particulièrement au sein du personnel infirmier de l’hôpital Jeetoo, c’est parce que, soutient, la NA, les critères n’ont pas été respectés. « En principe, le transfert se fait à l’intérieur d’une région pour éviter des longs trajets entre le domicile de l’infirmier et son lieu de travail. Or, dans cette liste de personnes qui sont transférées à l’hôpital Victoria, il y a des infirmières habitant Pamplemousses et d’autres régions du Nord. Il y a, parmi ces personnes, des infirmières qui doivent prendre plusieurs bus avant d’arriver à Candos, et ce alors que d’autres habitent les Plaines-Wilhems, n’ont qu’un bus à prendre, et n’ont pas été choisies. Cette liste de transferts à l’hôpital Jeetoo nous laisse aussi perplexe pour d’autres raisons. Il y a eu un manque de transparence dans cet exercice de transfert », affirme Ram Nowzadick, président de la NA, qui voulait en discuter hier avec le Nursing Administrator et le directeur de cet hôpital.
Ce qui agace les infirmiers de l’hôpital Jeetoo dans cette affaire, c’est le refus des responsables de l’administration de recevoir le président de la NA pour entendre les propositions de ce syndicat en vue d’atténuer le mécontentement. Ils ne sont pas aussi d’accords avec l’attitude, qualifiée de « nullement aimable », que le directeur de l’établissement aurait eu envers leurs collègues concernées par ce transfert et leur représentant syndical. « Nous sommes allés à l’étage de l’administration pour essayer de rencontrer le directeur et lui faire part des doléances. Mais il nous a repoussés d’une manière grossière et a fait appel aux policiers pour que nous quittions les lieux », relate Ram Nowzadick. « On est choqué par cette attitude parce que le directeur a été lui-même dans le passé un des dirigeants du syndicat des médecins généralistes de l’État. S’il y avait eu une communication depuis le début sur ce dossier de transferts, il n’y aurait pas eu de protestations aujourd’hui », ajoute le président de la NA. Le Mauricien a essayé de joindre par téléphone le directeur de l’hôpital pour obtenir sa réaction. En vain.