Alors qu’il sollicitait l’aide du policier qui avait accompagné un détenu menotté pour qu’il puisse examiner correctement le patient, un médecin en service à l’Hôpital de Mahébourg a été copieusement agressé verbalement et physiquement par ce représentant de l’ordre. En entendant ses cris d’appel à l’aide, des infirmiers ont accouru pour lui porter secours. La victime a été sérieusement blessée au bras. Le syndicat des généralistes se dit « choqué » devant le comportement inadmissible de ce policier et demande au Commissaire de Police de prendre des sanctions sévères à son encontre.
Cet incident s’est produit à la mi-journée hier au service des urgences de l’hôpital de Mahébourg. Un policier, qui avait accompagné un détenu menotté pour recevoir des soins, est resté à l’extérieur du cabinet du médecin. Celui-ci aurait demandé au policier d’enlever les menottes du patient afin qu’il puisse l’examiner, à la suite de quoi le policier aurait refusé catégoriquement. Le médecin lui aurait alors demandé d’aider le patient à retirer une partie de ses vêtements pour qu’il puisse l’examiner. Au lieu de s’exécuter, le policier aurait alors commencé à l’insulter copieusement, tout en proférant des menaces et en lui tordant le bras brutalement. Mais le cabinet étant exigu, le médecin n’a pu s’échapper, restant sous l’emprise de son agresseur. Devant son incapacité à se défendre, et pris de panique, le médecin aurait alors appelé à l’aide le personnel de l’hôpital.
Deux infirmiers ont alors accouru avant de maîtriser l’agresseur. Entretemps, le surintendant de l’hôpital de Mahébourg ainsi que le Regional Director de l’hôpital de Rose-Belle (qui a aussi sous sa responsabilité l’hôpital de Mahébourg) ont été informés du problème. Les deux responsables, accompagnés des représentants du syndicat des médecins généralistes et des deux infirmiers témoins de la scène, se sont dirigés vers le poste de police de Mahébourg afin de consigner une déposition. Le ministère de la Santé et le Commissaire de Police ont également immédiatement été tenus au courant du problème.
Ce nouveau cas d’agression dans l’enceinte de l’hôpital a jeté la consternation parmi les médecins et l’ensemble du personnel soignant. Face à la colère de ses membres, qui s’inquiètent pour leur sécurité, l’exécutif de la Mauritius and Health Officers’ Association s’est réuni hier soir pour décider de la marche à suivre. Mais les responsables de ce syndicat condamnent sévèrement le comportement du policier. « Nous sommes indignés et révoltés car ce policier, qui est censé assurer la sécurité du personnel et du public, notamment dans les hôpitaux, a lui-même transgressé la loi. Nous lançons un appel au Commissaire de police pour prendre des sanctions contre ce policier ainsi que pour renforcer la sécurité dans les hôpitaux. Pourquoi ne pas poster dans certains hôpitaux des membres de la SMF si leur présence peut avoir un effet dissuasif sur les agresseurs potentiels ? » suggère le président de la MHOA.
Ce syndicat enverra aussi lundi une lettre au ministère de la Santé pour exprimer son exaspération à la suite de l’incident d’hier et pour lui faire également part de certaines propositions par rapport à la sécurité dans l’exercice de leurs fonctions. Le syndicat interpellera le ministère au sujet des contrats alloués aux agences de sécurité privées.