Le ministère de la Santé a nommé hier après-midi un comité d’enquête pour faire la lumière sur quatre cas d’endophtalmie rapportés concernant des patients en traitement au Eye Hospital de Moka. Ces malades ont été soignés avec une injection d’Avastin.
L’endophtalmie, une inflammation/infection intra-oculaire, est une des complications les plus redoutées et peut aller jusqu’à entraîner la perte de vision. Dans un communiqué émis hier après-midi, le ministère de la Santé informe le public que l’Avastin est un produit utilisé en ophtalmologie à Maurice depuis 2008 sur conseils et suite aux recommandations du Pr Tabatabay des Hôpitaux Universitaires de Genève. Cette injection intravitréenne est destinée aux patients qui souffrent de graves complications oculaires. Depuis 2008, plus de 4 000 injections ont été effectuées au Subramania Bharati Eye Hospital (l’hôpital de Moka). Le ministère ajoute que les risques d’endophtalmie sont estimés à 0,1 % au niveau international. Jusqu’à présent, quatre cas d’endophtalmie ont été rapportés localement.
Le comité d’enquête a pour attribution de faire la lumière sur les cas de complications chez des patients ayant été soigné avec de l’Avastin à l’hôpital de Moka. Le comité sera présidé par le Dr J. Isabelle (Consultant en ophtalmologie) et composé des professionnels suivants : les Dr M. Gaya et R. Manna (consultants en ophtalmologie), le Dr S. Aboobakar (Regional Public Health Superintendent) et R. Amourdon (Permanent Assistant Secretary à la Santé).
Le ministère ajoute qu’il sollicitera aussi l’expertise des Hôpitaux Universitaires de Genève dans le cadre de cette enquête et que des mesures appropriées seront prises à la lumière des conclusions du rapport du Comité d’enquête. Toutefois dans les milieux du ministère on souligne qu’on n’a pas encore fixé de délai s’agissant de la soumission de ce rapport.
Par ailleurs, des ophtalmologues interrogés par Le Mauricien ce matin au sujet de l’Avastin sont très prudents. Ils soulignent que les cas d’endophtalmie « sont extrêmement rares » et affirment que l’utilisation de l’Avastin est très courante dans le monde. « Il n’y a pas de traitement sans risques mais il faut connaître l’histoire des patients qui ont perdu la vue au cours d’un traitement avant de mettre en cause tel ou tel médicament », affirme un ophtalmologue du privé.