Les médecins  généralistes de la Santé publique annoncent une grève illimitée à partir du 11 septembre. Au nombre de 1 200 environ, ils souhaitent que les heures de travail soient ramenées de 40 heures à 33 heures par semaine. Cette décision a été prise à la suite d’un “Deadlock” dans les négociations entre la Medical Health Officers Association (MHOA) et le ministère de la Santé au département de la Commission de conciliation et de médiation du ministère du Travail et des Relations industrielles.

En vue d’entériner cette décision de grève illimitée, des élections par voie de bulletins secrets seront organisées dans les hôpitaux. Le président de la MHOA, le Dr Vinesh Sewchurn, a, en compagnie du président de la National Trade Union Confederation (NTUC), Narendrananth Gopee, rencontré la presse ce matin au siège de la NTUC à Port-Louis pour faire état de leurs démarches. Narendranath Gopee a affirmé que le litige sur le “shift system” entre la MHOA et le ministère de la Santé date de 2015. Depuis, la Cour suprême a statué que « le travail des médecins n’est pas comme les autres » et qu’il faut « maintenir le droit acquis » des médecins pour ce qui est du travail de 33 heures. « Il est faux de dire que les médecins généralistes veulent faire de l’argent à travers des heures supplémentaires. Jusqu’ici, nous sommes tombés d’accord sur au moins 25 points de litiges auprès de la Commission de conciliation et de médiation. Mais le ministère de la Santé refuse de bouger sur le “shift system”, qui est actuellement en vigueur dans nos hôpitaux au niveau des services des urgences », a déclaré Narendranath Gopee.

Après que la CCM a statué qu’il y a “dead-lock” sur le “shift system”, le comité exécutif de la MHOA a décidé de déclencher une grève illimitée dans les hôpitaux, selon les dispositions de la loi. « Je tiens à adresser une mise en garde à l’encontre du ministre de la Santé, Anwar Husnoo, contre des possibles mesures de représailles à l’encontre des médecins généralistes, car c’est une grève légale que nous comptons organiser. Si les services de santé sont affectés, la faute en reviendra au ministre de la Santé, car il n’a pas rencontré jusqu’ici les dirigeants de la MHOA pour arriver à un terrain d’entente. Je crains fort qu’il n’ait pas le temps de rencontrer les membres de cette occasion, car la campagne électorale a déjà commencé », a déclaré Narendranath Gopee.

Pour le président de la MHOA, le syndicat a « tout fait pour qu’il ait un terrain d’entente » sur le “shift system”. « Avec l’actuel système, on est appelé à ausculter une centaine de patients par heure. On n’a pas suffisamment de temps pour le faire. Ce qui fait que les patients ont tendance à se plaindre des services de santé offerts », a déclaré le Dr Vinesh Seewchurn.

D’après un relevé effectué par le syndicat dans les hôpitaux, 90% des médecins sont prêts à se mettre en grève. « Il faut savoir que la grève que nous comptons enclencher s’inscrit dans le respect des dispositions de la loi. Nous avons franchi toutes les étapes pour mener à cette grève. La balle est maintenant dans le camp du ministère », a déclaré le président de la MHOA.