Deux groupes d’infirmiers des hôpitaux de Souillac et Candos ont bénéficié ces deux derniers mois d’une formation en podologie. L’initiative revient à la Mauritius Institute of Health (MIH), qui a fait appel à Valery de Falabaire, du centre de podologie. Ce programme fait partie de la série de formations ayant démarré il y a trois ans et qui visent à équiper le personnel des unités de “footcare” des hôpitaux publics.
Ils sont une vingtaine d’infirmiers, en majorité des femmes, à avoir suivi ces formations, à la fois théoriques et pratiques. Jusqu’ici, ils étaient sensibilisés aux problèmes des patients diabétiques et avaient bénéficié, entre autres, de formations en dermatologie et en diabétologie. Il leur manquait les soins des pieds, élément incontournable pour rendre ces unités de “footcare” efficaces. C’est dans cette optique que le MIH a fait appel au podologue Valery de Falbaire, qui a animé une série de cours en août et septembre aux hôpitaux de Souillac et Candos. Il leur a ainsi appris des gestes simples, notamment pour couper les ongles ou sur la manière de traiter les ongles incarnés, mais aussi des soins plus complexes comme le traitement des crevasses ou des plaies diabétiques. « Ce sont des gestes de base, mais combien important. Souvent, on voit quelqu’un souffrir à cause d’un ongle incarné et? à l’hôpital, on lui donne une pommade pour le soulager. Or, il y a une technique pour couper les ongles incarnés et il est important que les infirmiers le connaissent. » Ce dernier aborde également la nécessité de doter les infirmiers des “footcare units” des outils adéquats afin qu’ils puissent mettre en pratique ce qu’ils ont appris. « Les infirmiers étaient très motivés. Ils sont déjà sensibilisés aux patients diabétiques. Mais il faut leur donner les moyens. Nous avons d’ailleurs fait une liste d’instruments nécessaires à se procurer. »
Valery de Falbaire qualifie de « très bonne initiative » le fait d’avoir une unité de soins des pieds dans les principaux hôpitaux de l’île. Malheureusement, note-t-il, les Mauriciens ne sont pas toujours conscients de la nécessité de ce type de soins. « Il faut prendre l’habitude de regarder ses pieds. Les unités de “footcare” proposent également un “screening” pour les patients diabétiques. Il faudrait en profiter. Cela permettrait de savoir s’il y a un problème et faire le suivi. »
Il ajoute que la prévention chez le patient diabétique est « la clé » pour éviter des ulcères, qui peuvent emmener à l’amputation. « Le cor, communément appelé ‘crapros’, est une des causes principales entraînant l’amputation. Le fait de pouvoir traiter un cor avant qu’il ne devienne un ulcère est une étape primordiale pour éviter d’en arriver là. » Ainsi, poursuit-il, les patients diabétiques ne doivent pas attendre d’avoir un problème au pied pour consulter. « Les diabétiques doivent faire des tests au niveau de leurs pieds au minimum une fois par an. Néanmoins, avant le “footcare”, il est important que les malades aient un diabète équilibré, soit inférieur à 7. Le test le plus approprié est l’HBA1C, qui détermine la moyenne de la glycémie sur 3 mois. »?Le podologue confie avoir vécu une très bonne expérience lors de cette formation. « Les infirmiers étaient très motivés. Je souhaite qu’ils puissent mettre tout ce qu’ils ont appris en pratique. »