Trois familles, trois drames, un même sort. Christelle Diemahave, Zarmina Issimdar et Prisca Madhoosoodun, âgées respectivement de 19, 22 et 25 ans, sont décédées après leur accouchement. Octobre dernier est le théâtre de cette triple tragédie: le 2, Christelle Diemahave décède à l’hôpital Victoria; le 18, au tour de Zarmina Issimdar dans le même établissement, alors que le 19, Prisca Madhoosoodhun rend l’âme à l’hôpital du Nord. Inconsolables, leurs proches crient à la négligence médicale. Devant ces cas, référés à la police, les autorités ont institué un Fact Finding Committee (FFC) pour faire la lumière sur les circonstances troublantes de ces décès.
« Si lopital ti pran compte, mo tifi ti pou enkor là! », dit Leily, la mère de Zarmina Issimdar. Zarmina, 22 ans, était enceinte de 6 mois et demi. Le 26 septembre, aux alentours de 15h, elle appelle sa mère pour qu’elle l’emmène à l’hôpital, sa poche d’eau s’étant cassée. Si le personnel de l’hôpital Victoria où sa famille l’a conduite l’admet en salle pré-natale pour observation, Zarmina en ressortira le lendemain, le médecin l’ayant ausculté et n’ayant rien trouvé d’anormal ou de grave. « Me mo tifi depi linn rentre lopital ti pe vomi. Linn continn vomi letan noun retourne lacaz. Docter dir nou signe grossesse sa. Tou madam vomi kan enceinte », raconte sa mère.
En dépit de médicaments, la jeune femme continue de vomir. Sa famille décide de la conduire chez un généraliste du privé le lendemain. Ce dernier lui prescrira des comprimés visant à stopper ses vomissements. Néanmoins, Zarmina continue toujours de vomir. Le lundi suivant, sa famille l’emmène voir un autre médecin du privé. Ce dernier lui administre une piqûre qui ne calme toutefois pas ses vomissements. Le mercredi, sa famille, constatant quelque chose d’anormal avec son ventre, transporte Zarmina une nouvelle fois à l’hôpital. « Docter dans Casualty finn fer li admet dans pre-natal. Me mem laba, li ti pe continn vomi. Zot inn donn li desarz lindi, meme si so leta ti enkor parey », dit Leily.
Son état ne s’améliorant toujours pas, sa famille l’emmène, cette fois, voir un gynécologue du privé qui lui administre du sérum, expliquant à la famille que son estomac était « enflammé ». Cette visite médicale n’arrange en rien l’état de santé de Zarmina. Le lendemain matin, elle est conduite à nouveau à l’hôpital car elle a commencé à saigner. Au Labour Ward où est admise Zarmina, le médecin qui l’ausculte indique à la famille que le bébé qu’elle porte est décédé. « Docter dir nou ki bébé finn fini mort, me aster bizin sape lavi mama la », raconte sa mère, inconsolable. Toutefois, il est 16h et le gynécologue a fini son service. « Ce so assistant ki finn pran relev », dit-elle. La famille patiente plusieurs heures encore dans l’enceinte de l’hôpital, sans toutefois obtenir des informations. Le lendemain, lorsqu’ils récupèrent la dépouille du bébé, les membres de la famille Issimdar notent que l’état de santé de la mère n’est guère mieux que la veille. « Li ti pe vomi mem », dit Leily. Le lendemain, elle insiste pour voir le médecin qui s’occupe du cas de sa fille. Ce dernier finit par lui dire que « hormone grossess ki pe fer ou tifi enkor vomi. Kan hormonn la pou alé, li pou aret vomi. Nu pou fer le nécessaire. »