Mental d’acier et physique impressionnant à la Vin Diesel, Abel Thésée a tout pour plaire et pour réussir. En l’espace de quelques années, le coach sportif personnel cumule les compétitions d’athlétisme et les titres, s’adonne à la boxe et jongle entre les tournages de films et sa vie privée. Son esprit de compétition lui fait repousser ses limites. Abel Thésée a délaissé ses gants de boxe pour perfectionner ses mouvements au lancer du disque. Il a été sélectionné pour les Jeux des îles 2019.

Petit saut avant de se rendre sur son lieu de tournage. Abel Thésée traverse le jardin botanique de Curepipe à son aise. Vêtu d’une gabardine moulante et d’un t-shirt collé au corps, il est loin de l’image de l’athlète en sueur en gym wear. “J’ai eu la chance d’être génétiquement doté d’un corps musclé. Mon grand-père et mon père étaient bodybuilders. J’ai toujours eu ce corps. Je m’entraîne dur”, confie le jeune homme de 24 ans, de père mauricien et de mère réunionnaise.

Durant les jeux de la CJSOI

Un corps façonné au fil des heures passées à s’entraîner pour les compétitions d’ici et d’ailleurs, et huit années comme entraîneur personnel. “J’ai travaillé dans le monde de la nuit et même dans une ferme à La Réunion. J’y ai vécu cinq ans. Cela fait un an et demi que je suis retourné à Maurice. Être entraîneur personnel est dans mes cordes. Ça me correspond.”

Difficile de ne pas tomber sur ses stories sur Instagram. Le sportif aime s’exposer. “Cela crée des opportunités.” Grâce aux réseaux sociaux, il a eu beaucoup de propositions dans le mannequinat et comme coach. Les gens le sollicitent pour s’entraîner. “Certains voient un physique et veulent s’entraîner avec moi pour avoir le même corps. Je suis un coach certifié, diplômé et j’ai de l’expérience”, confie le brun au crâne rasé et aux yeux clairs. Certaines personnes pensent qu’en s’entraînant plusieurs fois par semaine dans une salle de musculation et en mangeant presque normalement, elles vont avoir un corps sculpté. Or, ce n’est pas le cas.

Transmettre un savoir.

Abel Thésée affirme qu’il y a une différence entre un athlète et un entraîneur. “Un entraîneur transmet le savoir et un athlète le prend. J’ai la chance de pouvoir être pédagogue dans ma manière de faire. J’arrive à transmettre mon savoir”, précise ce mordu de musique. À Maurice, il y a un énorme problème avec les stéroïdes et les anabolisants pour augmenter la croissance des cordes vocales, la pilosité et les tissus cellulaires. “Beaucoup de gens qui font de la musculation en prennent énormément. Dès qu’on voit des grosses veines sur les bras et pas d’abdominaux, on se pose des questions.”
L’ancien étudiant du Lycée La Bourdonnais et de Morning Star School a grandi au sein d’une famille sportive. Sa sœur Aurélie Thésée et son père sont haltérophiles. “Petit, je voyais mon papa soulever des poids. C’est lui qui m’a motivé. Il a été mon premier entraîneur et c’est lui qui m’entraîne actuellement. Il nous a toujours accompagnés dans le sport.”

Le lanceur de disque mène une vie relax et ne fait rien à moitié. Il aménage lui-même ses heures de travail et s’offre la possibilité de vaquer à ses occupations. S’il n’est pas à la salle de gym, il part seul en vadrouille. “Je n’ai pas d’amis. C’est plus simple et économique”, dit-il, sur le ton de l’humour. “Je suis sympathique avec tout le monde, je connais un tas de gens. Si je veux faire quelque chose, je sais quelle personne appeler. Je n’ai pas de groupe de potes où on fait toujours tout ensemble”, confie l’athlète de 1m77.

Cinéma et rage de vaincre.

Le Curepipien occupe son temps libre à passer des auditions. En avril dernier, il a participé à un film sud-africain. Il tourne en ce moment dans Singleholic, un long-métrage américain qui se tourne à Maurice, où il tient le rôle d’un médecin. “Pour intégrer le casting de Singleholic, j’ai rencontré la bonne personne. J’ai passé les auditions et ça a plu.”
Le boxeur sait jouer de son charme. Il rêve d’une carrière au cinéma et se dit prêt à franchir les étapes, malgré les difficultés. “Aujourd’hui, je suis en tournage. Je quitterai chez moi à 17h pour rentrer le lendemain matin. Rebelote le jour d’après. C’est assez épuisant. Il faut vraiment aimer.”

Lors du Challenge Fight Trophée Océan Indien 2 de Pancrace

À 6 ans, Abel Thésée apparaît dans une pub dans un magazine pour une marque de vêtements. Il en a fait d’autres à La Réunion, a participé à des défilés et, tout récemment, il a posé pour une pub mauricienne. “C’est grâce à mes photos sur Instagram qu’on m’a sélectionné pour ma dernière pub. Il faut savoir jouer et faire la personne se connecter avec toi. C’est pour cela que je dis toujours : soyez gentil avec les gens; tu ne sais jamais qui tu as en face de toi.”

Le doux vent d’hiver n’empêche pas Abel Thésée de parler de son amour pour le sport et le cinéma. “J’aime la compétition. J’en ferai jusqu’à ce que je ne l’aime plus. J’ai arrêté pendant un moment, j’ai repris et je me suis qualifié.” La rage de vaincre et d’aller jusqu’au bout de ses objectifs. “Prendre des coups de poing dans la figure n’est pas donné à tout le monde. Mon nez a saigné plein de fois, mon épaule s’est déboîtée. Ça fait mal. Le but est de voir si je peux en prendre et en donner, jusqu’au moment où la cloche sonne pour dire que c’est fini.”


La boxe, un défi

“Je me bagarrais souvent dans la rue. Voilà pourquoi je pratique la boxe”, dit Abel Thésée en riant. “C’est violent. Je me suis imposé un défi.” L’athlétisme et la boxe sont deux disciplines très différentes. “L’athlétisme est ce que mes parents et mes coaches ont trouvé bon que je fasse. J’en ai fait et j’ai aimé. C’est un sport que j’ai pratiqué depuis que je suis petit et je m’en souviendrai toujours.”

Le pancrace combine la lutte et le pugilat. “C’est la première fois que Maurice envoie des représentants au Challenge Fight Trophée Océan Indien 2 de Pancrace. J’étais dans la catégorie poids lourds : 93 kg. Mon adversaire était l’un des meilleurs lutteurs de l’océan Indien. Il a marqué plus de points que moi. J’ai décroché la deuxième place.”


Parcours

2006 : Il participe à la rencontre Maurice-Réunion dans la catégorie des moins de 16 ans et s’offre la deuxième place au disque et la troisième place au lancer du javelot.
2008 : Toujours à la rencontre Maurice-Réunion, cette fois dans la catégorie des moins de 18 ans, il remporte la médaille d’or au disque, la médaille d’argent au lancer du javelot et la médaille de bronze à la perche.
2009 : Il participe au championnat d’Afrique Junior dans la catégorie des moins de 20 ans et est quatrième au décathlon.
2010 : Aux jeux de la CJSOI, il remporte la première place au lancer du disque et la deuxième place à la perche dans la catégorie des moins de 18 ans. Il participe au championnat d’Afrique australe et remporte la troisième place au lancer du disque et est vice-champion au championnat d’Afrique Jeune. La même année, il s’offre la 17e place à la perche aux Jeux Olympiques de la jeunesse à Singapour.
2012 : Il prend part au championnat de France dans la catégorie des moins de 20 ans et remporte la cinquième place au lancer du disque.
2015 : Meilleure performance de l’année en haltérophilie dans sa catégorie à La Réunion.
2017 : Il débute avec la boxe anglaise.
2018 : Préparation pour les Jeux des Îles de 2019 au lancer du disque. Il a participé au Challenge Fight Trophée Océan Indien 2 de Pancrace et a décroché la deuxième place.


Bio express

Situation familiale : Célibataire.
Âge : 24 ans.
Profession : Coach sportif personnel à domicile.
Totem : Loup.
Plus grande frayeur : De rater ce qu’il aurait dû faire dans la vie.
Plat préféré : Steak frites.
Film préféré : Gettysburg.
Chanteur préféré : Phil Driscoll.