Qui est donc ce White River qui suscite tant de passion en ce moment du côté du Champ de Mars ? Définitivement, ce n’est pas un cheval comme les autres ! Nous avons choisi de le rencontrer hors des pistes au Club Hippique de Floréal.Le dimanche 17 novembre 2019, date à laquelle White River a remporté la Coupe d`Or. Et par la même occasion, il a marqué l’histoire des courses mauriciennes de ses sabots. Cet exploit fut réalisé, il y a 85 ans par la jument appelée Winking en remportant les quatre courses classiques dans une même saison à Maurice. White River est quant à lui la nouvelle vedette du Champs de Mars. Pour bien se démarquer de ses adversaires, il a terminé sa toute première saison en invaincu sur six courses. Et il collectionne les prix tels que Meilleur 4 ans et Meilleur Miler 2019.

Moment de complicité entre White River et son palefreinier Vijay Seetohul au Club Hippique de Floréal

Ce jeudi 21 novembre, alors qu’une pluie battante arrose les hauts, nous avons rendez-vous avec la star. Celui dont le nom est sur les lèvres de tous les turfistes. Dans son box, le cheval White River, séduit par le charisme qu’il dégage. Sa belle robe de couleur bai (une nuance de marron) est magnifique et nous ne pouvons détacher nos yeux de ce cheval. Tout chez lui est élégance et prestance; sa crinière, son allure, son regard, cette belle tache blanche sur son museau et ses boulets de la même couleur. Un beau cheval de 516 kilos, il n’est pas le plus costaud des chevaux mais sa musculature ne nous laisse pas indifférents. Il suscite l’admiration chez les palefreniers des adversaires de par sa carrure et de ses performances : “Profite pran foto. Pa pou gaygn ankor sa kalite seval la”, lance l’un d’eux.

“C’est notre Usain Bolt”

Ce respect, White River le mérite amplement après ce qu’il a démontré à chacune de ses six courses, brillamment remportées. Malgré des circonstances en sa défaveur, comme dans la Barbe Cup où il a réussi un finish époustouflant. Nous notons aussi son aisance sur la piste lors de la Maiden Cup. Une victoire remportée avec plus de deux longueurs sur son plus proche poursuivant.

Chandra Kumar Gujadhur et France Law, ses propriétaires, ont eu raison d`investir sur ce cheval. “Nous savions que nous avions un bon cheval sous la main. Mais nous nous sommes rendus compte après que nous avions un cheval exceptionnel. C’est un athlète, c’est notre Usain Bolt. Il nous a procurés beaucoup d’émotions fortes”, dit fièrement son entraineur, Subiraj Gujadhur.

Caractère.

Quand il est à Floréal, White River a son petit rituel quotidien. Alors que le soleil commence à faire son apparition, son palefrenier vient vérifier si tout va bien. “Vers 6 h du matin, je viens le voir, je vérifie s’il s’est bien nourri, s’il a bien bu et s’il a fait son crottin. Je vérifie ses boulets, s’il ne s’est pas blessé. Nous lui faisons sa toilette avant de l’emmener marcher pendant cinq minutes. Puis je le selle et je le fais marcher de nouveau cinq minutes avant de le confier à son  jockey d’entraînement. Dès qu’il le voit, il s’approche de lui. Il sait qu’il va courir. C’est un cheval qui adore courir.” Dans l’après-midi, le même rituel ou presque.

Comme tout cheval de classe, White River a du caractère. S’il ne refuse pas de travailler, il n’aime pas être bousculé comme le font ressortir à la fois son palefrenier et son entraîneur. “Quand on le selle, il regarde partout autour de lui. Quand il est au Champs de Mars, il observe également ses adversaires. Il sait ce qu’il a à faire, c’est un cheval très intelligent. À Floréal, il aime trotter, marcher et regarder partout. Le jockey ne le bouscule pas, il le laisse faire ce qu’il aime dans la mesure du possible.”

Les acclamations de la foule à chacune de ses victoires, qui fait vibrer est lassurance dun public conquis. Dans le milieu des courses hippiques, Les adversaires n’hésitaient pas à concéder qu’ils se battaient pour la deuxième place. Tout simplement parce que la première était inaccessible face à un tel monstre.

Belle complicité.

White River a aussi impressionné en démontrant ses qualités de all rounder. Si d’ordinaire, les chevaux affectionnent certaines distances et sont moins à l’aise sur d’autres, White River a prouvé qu’il était bon partout.Il a dominé le sprint de la Duchess of York Cup sur 1400 avant de remettre le paquet sur la même distance à sa prochaine course. Son incroyable accélération sur ce qui est sans doute sa distance de prédilection, les 1600 m lors de la Barbe Cup, nous montre sa puissance.

Émotion dans le paddock après l’exploit de cheval de l’année

Distance sur laquelle, il a également couru lors de la Coupe d’or le 17 novembre. Il nous prouve qu`il n’a rien à envier aux chevaux de moyenne distance en surclassant ses adversaires sur 1850 m avant de se révéler trop fort sur les 2400 m de la Maiden Cup. La course la plus populaire du pays.

S’il est une véritable machine à gagner sur la piste, White River est un animal très affectueux en coulisses. Alors que son palefrenier, Vijay Seetohul, prend soin de lui, il passe son temps à le câliner.

Sa recherche d’attention et de câlins fait fondre le palefrenier qui ne se prive pas de lui montrer que l’attachement est réciproque. La belle complicité entre les deux est un régal pour les yeux. “Il est très joueur, il adore les câlins. Le matin, il pose sa tête sur mon épaule et me tire vers lui. Des fois, je lui donne à manger dans ma main”, confie-t-il. “Il considère son palefrenier comme son ami. C’est un cheval de classe, il est différent des autres”, dit, pour sa part, son entraîneur.

Classe naturelle.

Alors qu’il sort de son box pour quelques photos rapides pendant une petite accalmie, nous pouvons admirer son élégance. Sa démarche est majestueuse, sa classe naturelle. En revanche, les flaques d’eau au sol semblent le perturber. Rapidement, le voilà de retour au sec dans son box. Sa litière, faite de morceaux de papier, semble confortable. Les quelques brindilles d’herbes ici et là, indiquent qu’il a récemment grignoté.

S’il n’aime pas avoir ses pattes dans les flaques d’eau, paradoxalement, il adore jouer avec de l’eau en y plongeant son museau nous fait-on remarquer. L’un des abreuvoirs est d’ailleurs prévu à cet effet. “Il passe son temps à jouer avec, sa mem so distraksion”, confie Ravin Algoo, chef palefrenier pour l’écurie Rameshwar Gujadhur à Floréal. “Le matin, quand je l’emmène près du robinet pour la toilette, il attrape le tuyau d’arrosage pour jouer avec”, renchérit son palefrenier amusé.

White River a été acclamé comme une star au Champ de Maris

Conserver son invincibilité.

Les chevaux, qui dominent l’élite aussi facilement sont pressentis pour aller courir à l’étranger dans des courses plus richement dotées. L`état major de l’écurie Rameshwar Gujadhur a donc décidé tout naturellement de le garder à Maurice pour la prochaine saison.

Son objectif sera désormais de conserver son invincibilité vu qu’il ne pourra rééditer le Grand Chelem. Pour la bonne et simple raison que, la Duchess of York Cup – qui constitue la première étape – est réservée aux nouveaux chevaux lors d’une saison. Ses futurs adversaires n’auront qu’à bien se tenir, la terreur du Champ de Mars ne compte pas leur faire de cadeau.

Son parcours  et ses victoires

23 mars –  victoire de  la Duchess of York Cup (course classique de Groupe 2 sur 1400m)

18 mai –    gagne la Mauritius Derby Trial Cup (course de G 3 sur 1400 m)

20 juin –    enlève la Barbe Cup (course classique de G 1 sur 1600 m)

20 juillet – il s’impose dans la Mauritius Derby Cup (course de G 1 sur 1850m)

1er septembre – Il décroche la Maiden Cup (course classique de G 1 sur 2400m)

17 novembre – réalise le Grand Chelem en remportant la 4e épreuve classique de la saison, la Duke of York Cup, surnommée la Coupe d’or (course classique de G 1 sur 1600m)