Pêcheurs, plaisanciers et forces vives de l’Est et de Poste-de-Flacq en particulier se mobilisent actuellement en vue de protester contre ce qu’ils qualifient de « privatisation de la mer ». Ils s’élèvent également contre le fait que les travaux de rénovation en cours à l’hôtel St-Géran ont « totalement outrepassé », disent-ils, l’objectif initial pour causer une dégradation de l’écosystème marin de la région, « totalement contraire à l’esprit de Maurice île Durable ». Une manifestation est prévue dimanche afin de permettre à la population de se rendre compte de visu de la situation. De son côté, alerté par la situation dans la région, le leader du MMM, Paul Bérenger, et les dirigeants de son parti comptent se rendre sur les lieux samedi après-midi.
« Les travaux ont nettement outrepassé les objectifs initiaux fixés par l’EIA, à savoir “treatment of beach erosion”, pour constituer des travaux de construction à moins de 30 mètres de la high water mark, ce qui est contraire à la loi. À notre grande surprise, les travaux se font sous la protection de la police qui interdit l’accès sur les lieux », a constaté Georges Ah-Yan lors d’une conférence de presse ce matin.
Un autre problème constaté par les principaux animateurs concerne un passage construit entre la côte et l’île Banane, située à 500 mètres de la terre, afin de permettre la circulation de camions transportant des rochers en vue de la construction d’un récif artificiel d’une longueur de plus de 100 mètres. « Ce projet empêchera la libre circulation de la mer à Poste-de-Flacq, dérangera sérieusement l’écosystème et causera beaucoup de dégâts à notre environnement », a poursuivi Georges Ah-Yan.
De plus, soutient-il, « le barrage ne devrait pas être enlevé avant un an et demi et entraînera la mort du lagon ».
Pour leur part, les plaisanciers s’élèvent contre le fait qu’ils ne peuvent utiliser leur passage habituel pour se rendre au temple situé au milieu du lagon et sont obligés de faire un grand détour. Ce qui leur crée énormément de problèmes, surtout lorsque la marée est basse. Ceux qui ont l’habitude de cueillir les huîtres abondantes dans la région disent être également affectés par la dégradation de l’environnement qui affecte l’habitat naturel des huîtriers.
L’avocat Prem Gawoo, qui participait à la conférence de presse, a observé que déjà la région du St-Géran était un « gated hotel » où l’accès à la plage était interdit. « Maintenant, c’est toute cette partie de la mer qui a été privatisée et personne ne pourra désormais avoir accès ni au lagon ni à l’île Banane, ce qui est scandaleux ».
Prem Neebal, qui participait également à la conférence de presse, a déploré que les autorités aient refusé de créer jusqu’ici un passage entre Trou-d’Eau-Douce et l’île-aux-cerfs, qui est graduellement obstrué par le sable depuis que l’extraction de sable est interdite. « Lorsqu’il y a la marée basse, on est obligé parfois de demander aux clients d’attendre sur l’île jusqu’au lendemain pour les récupérer. Nous sommes par conséquent étonnés que les nouveaux propriétaires du St-Géran soient autorisés à entreprendre des travaux de cette envergure uniquement parce qu’ils disposent de milliards de roupies ». Il déplore également qu’après les travaux, les bateaux seront obligés de passer par la haute mer avec tout le danger que cela comporte car la mer est houleuse dans cette région.
Le Front commun contre la dégradation de la mer au St-Géran demande l’arrêt immédiat des travaux afin que les forces vives puissent voir s’ils respectent le EIA Report et constater de visu l’étendue des dégâts. Si cette demande n’est pas acceptée, annonce Georges Ah-Yan, le Front commun aura recours à la Cour suprême pour demander l’arrêt des travaux.
Du côté du MMM, on se dit également très bouleversé par les travaux en cours et les dégâts causés à l’écosystème, d’où la décision des dirigeants du parti de se rendre sur place samedi.