L’exercice de mise Receivership des quatre établissements hôteliers du groupe Apavou suite à une motion de BankOne devant les instances judiciaires compétentes à la fin de l’année dernière, a été conclu vers la fin de la semaine dernière. Après un exercice d’appel d’offre international, le Receiver Manager, Satar Hajee Abdoula, désigné par la Cour, a retenu deux offres pour le rachat de ces quatre hôtels avec un potentiel de 750 chambres. De son côté, Armand Apavou, du groupe réunionnais Apavou, a fait le déplacement à Maurice en vue de saisir la Cour suprême d’une demande d’injonction contre la décision du Receiver Manager au sujet de la vente de ces établissements hôteliers. Mais l’homme d’affaires réunionnais aux 360 cas de réclamations pour dettes impayées devant la Commercial Court de la Cour suprême a déjà été débouté à deux reprises ces derniers jours.
Des deux cotations retenues à la clôture du Tender, l’une a été soumise par le groupe mauricien Attitude Resort, déjà présent dans le domaine de l’hôtellerie avec six établissements, soit Coin de Mire Attitude, Émeraude Beach Attitude, Tropical Attitude, Récif Attitude, Hotel Bluemarine et Zilwa Attitude. Attitude Resort a été désigné pour prendre le contrôle de La Plantation-Balaclava Beach Resort Limited.
L’hôtel de La Plantation-Balaclava, construit sur des State Lands de huit hectares dans cette zone touristique de standing, comprend 271 chambres, dont des Senior et Junior Suites, des boutiques, bars et restaurants, des facilités de salles de conférences, de piscine, de loisirs et de détente (Spa) de même que des batteries de cuisine. Avec ce nouvel établissement dans la panoplie de prestations hôtelières, Attitude Resort devra monter en gamme pour se positionner de manière plus affirmative sur le marché touristique mauricien.
Avec le choix du Receiver Manager confirmé depuis la semaine dernière, un exercice de Due Diligence a été engagé avant de permettre aux nouveaux propriétaires d’entrer définitivement dans les nouveaux meubles. D’autres discussions sont à prévoir dans les jours à venir avec l’administrateur en vue de mettre au point les derniers détails.
Les trois hôtels du groupe Apavou, opérés sur la péninsule du Morne, soit Indian Resort & Spa, Le Mornéa et Le Moreva, ont été alloués à un groupe d’intérêt européen sur la base de la cotation soumise. Jusqu’ici, très peu d’informations ont filtré quant à l’identité de ce groupe. Des sources autorisées, qui écartent définitivement le groupe Starwood du contrôle de ces hôtels, confirment que les nouveaux propriétaires sont des Espagnols même si dans d’autres milieux, on fait état d’intérêts allemands.
Avec la dernière étape de l’exercice d’appel d’offres et le choix des nouveaux acquéreurs, la signature des contrats et la prise en charge des opérations devra intervenir dans un délai maximal d’un mois.
Démarche non autorisée
Le Receiver Manager, qui se trouve actuellement à l’étranger, n’a pu être contacté pour des confirmations de l’identité de ce dernier groupe. Pour ce qui est du montant de la transaction, un chiffre de Rs 3 milliards est avancé de sources officieuses. Ce montant est considéré comme « n’étant pas trop loin de la réalité ». « L’exercice d’appel pour les hôtels du groupe Apavou confirme, si besoin est, que le tourisme mauricien a encore la cote d’amour auprès des investisseurs. Le fait est indéniable devant les offres soumises », fait-on comprendre dans des milieux autorisés de l’industrie.
Toutefois, ce dénouement de la saga des hôtels Apavou, qui a démarré il y a deux ans déjà avec la vente de l’hôtel Ambre au groupe Sun Resorts, n’est pas au goût d’Armand Apavou, homme d’affaires réunionnais à la tête du groupe portant le même nom. Il a débarqué à Maurice en vue d’instruire des procès pour bloquer les procédures de vente de ces hôtels par voie d’appel d’offres. Le principal argument avancé dans le camp d’Armand Apavou est que la principale banque créancière n’est pas partie prenante des procédures de liquidation, accusant le Receiver Manager de lui porter préjudice.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources bien informées avancent qu’Armand Apavou a été débouté à deux reprises devant les instances judiciaires appropriées. Une première injonction logée devant la Commercial Court de la Cour suprême avait été rejetée formellement alors qu’une seconde tentative subséquente devant un autre juge de la Cour suprême, démarche qui est considérée comme non autorisée selon les procédures en cours, a été également rejetée.
« Armand Apavou a le droit d’avoir recours aux moyens prévus par la loi. Le fait brutal demeure que quelqu’un doit assurer le financement des dettes impayées d’Armand Apavou à Maurice. Saviez-vous que l’on peut recenser pas moins de 360 cas de dettes impayées logées contre des sociétés du groupe Apavou devant la Commercial Court », rétorque-t-on en réponse aux démarches de l’homme d’affaires réunionnais, qui a tenté en vain un baroud d’honneur pour sauver ses hôtels de la liquidation.