La Fédération des travailleurs unis (FTU) organisera un « strike ballot » à l’hôtel Lux de Grand Gaube le lundi 6 juin. Les employés se prononceront ainsi sur l’option d’une grève dans cet établissement. Selon Atma Shanto, dirigeant de la FTU, la direction aurait accordé une augmentation de « 2% à 3% à l’ensemble des employés du groupe, alors que des négociations étaient toujours en cours pour une augmentation de 15%. »
L’Organisation of Hotel Private Club and Catering Workers Unity, affiliée à la FTU, représente les employés de Lux Grand Gaube dans ce conflit. Depuis 2013, le syndicat négocie avec la direction du groupe concernant les conditions d’emploi, dont les salaires. Selon Atma Shanto, les deux parties se sont retrouvées devant un deadlock, ce qui a conduit à la Commission de médiation et conciliation. « Toutefois, alors que nous étions en négociation pour une augmentation de 15%, le management a décidé d’accorder une augmentation de 2 à 3% à l’ensemble du groupe. Pour nous, c’est une décision unilatérale. On n’a pas respecté le collective bargaining. »
Le syndicaliste ajoute qu’à part l’augmentation réclamée, onze autres points sur les conditions de travail étaient en discussion. La CCM a également recommandé aux deux parties de porter l’affaire devant l’Employment Rights Tribunal (ERT). « Mais nous n’avons pas pris cette option. Nous préférons nous orienter vers un strike ballot qui déterminera s’il y aura une grève à l’hôtel. Ce vote se tiendra le lundi 6 juin à l’hôtel Lux de Grand Gaube. Nous demandons à tous les travailleurs de se faire un devoir de voter ce jour-là. » Atma Shanto précise que ce « strike ballot » se fait dans la légalité et que toutes les procédures ont été suivies.
Par la même occasion, le dirigeant de la FTU dénonce les agissements d’un haut cadre expatrié de l’hôtel. Il affirme que plusieurs lettres ont été envoyées au ministère du Travail à ce sujet. « Et cela dure depuis l’époque où Shakeel Mohamed était encore ministre du Travail… » Et Atma Shanto de dénoncer, par ailleurs, le nombre grandissant d’expatriés avec des postes de responsabilités dans les hôtels et le secteur privé en général. « Ils viennent avec leurs propres pratiques et ne respectent pas les lois du pays. C’est une recolonisation à travers le secteur privé », avance-t-il.
Le syndicaliste ajoute qu’au début de l’industrialisation, le gouvernement avait introduit des conditions pour l’emploi des cadres étrangers. « Pour chaque cadre étranger employé à un poste, des Mauriciens devaient être formés pour prendre la relève. De même les contrats étaient de deux ans. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quand est-ce que les Mauriciens auront leurs chances ? Il faut aussi reconnaître nos compétences.»
La FTU déplore également la présence de caméras de surveillance sur les lieux de travail, particulièrement dans les hôtels. Il est d’avis que c’est un moyen pour les patrons d’avoir le contrôle sur les employés. « De même, quand il y a une mobilisation syndicale, ils peuvent facilement identifier les meneurs et souvent, ces derniers en font les frais. »