L’année 2014 démarre sur une mauvaise note dans l’hôtellerie alors que l’industrie du tourisme envisage une reprise des activités en cette même année. En effet, quatre établissements hôteliers du groupe Apavou, dont le porte-drapeau La Plantation à Balaclava, sont actuellement mis en vente suite à une décision du Receiver-Manager, Sattar Hajee Abdoula, partenaire du bureau d’experts-comptables Grant Thornton.
Des avis devront être publiés dans la presse locale et internationale, dont le Financial Times de Londres, en vue de solliciter des repreneurs potentiels avec la date limite pour la soumission des offres fixée au jeudi 30 janvier. Quelque 500 employés de ces hôtels du groupe Apavou suivent avec intérêt et appréhension les développements depuis la fin de l’année dernière.
La décision d’avoir recours à la procédure de Sale By Tender des quatre hôtels, soit La Plantation à Balaclava (271 chambres dont des suites), l’Indian Resort and Spa (170 chambres), le Mornea (145 chambres) et le Moreva avec une centaine de chambres, soit un total de 686 chambres, a été prise après une première tentative de sauvetage. En effet, depuis le début de l’année dernière, Satar Hajee Abdoula et Yuvraj Thacoor de Grant Thornton s’étaient vu confier la responsabilité d’assumer les responsabilités de Receiver and Manager de ces hôtels suite à une motion de réclamation présentée par Bank One en Cour suprême.
Avec les réservations en fin d’année, les Receivers and Managers avaient tenté le pari d’une opération de sauvetage de ces établissements compte tenu des 500 emplois directs concernés. Mais il semblerait que les résultats obtenus ne soient nullement probants sur la base des performances et des prévisions pour les mois à venir. Mais, surtout, il y a le fait inéluctable que le groupe Apavou s’est retrouvé avec des dettes de Rs 4 milliards et une incapacité d’assurer le Servicing.
Avec la mise aux enchères de Balaclava Beach Resort Ltd, les avoirs comprennent des State Lands d’une superficie de huit hectares dans la zone touristique de Balaclava avec La Plantation Hotel, soit 271 chambres, dont des Senior et Junior Suites, des boutiques, bars et restaurants, des facilités de salles de conférences, de piscine, de loisirs et de détente (Spa) de même que des batteries de cuisine.
Les éventuels repreneurs sont tenus à soumettre au Receiver and Manager un chèque en garantie de Rs 50 millions avec leurs cotations au plus tard le 30 courant. En cas d’acceptation de l’offre, le chèque sera négocié sur le champ avec la différence pour le rachat de l’établissement dans un délai de 15 jours ou au moment de la signature de l’acte de rachat devant notaire avec la TVA de 15 % applicable. A ce stade, les milieux concernés se refusent de mettre un “price tag” sur La Plantation Hotel.
Les mêmes conditions de Bank Cheque de Rs 50 millions sont en vigueur pour la mise en vente des trois autres établissements hôteliers sur une superficie de 10,5 hectares sur la péninsule du Morne, une autre zone touristique de renom. L’Indian Resort and Spa est constitué de 170 chambres, dont des Senior et Junior Suites et d’autres facilités de boutiques, bars, restaurants et de détente et sera mis en vente « as a going concern ».
Par contre, la situation est quelque peu différente pour les deux autres hôtels. Le Mornea, avec ses 145 chambres et autres infrastructures, n’est pas encore opérationnel alors que le Moreva et sa centaine de chambres est encore au stade de la construction.
La décision de procéder à la mise aux enchères de ces quatre hôtels avec un potentiel de 686 chambres est suivie avec un intérêt particulier par les Major Players de l’hôtellerie et de l’industrie touristique. Le response des groupes hôteliers ou encore des éventuels investisseurs à Maurice et à l’étranger devra constituer un baromètre de santé et de confiance dans ce secteur économique en ce début d’année. Dans les milieux bancaires, l’évolution de l’indicateur de Non-Performing Loans (créances douteuses) restera au centre des intérêts surtout depuis la mise en garde du gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, contre le surendettement des opérateurs privés dans l’industrie touristique.