Allan Limmer, un chef de cuisine sud-africain qui travaillait pour le compte d’un établissement hôtelier dans le Nord du pays, a récemment été licencié avec pour motif ce qu’il considère être une « banale affaire de nouilles », mais que son ancien employeur estime être une faute grave. M. Limmer a logé une plainte il y a quelques jours, en Cour suprême, réclamant à la compagnie propriétaire du complexe la somme de Rs 35 M en guise de dommages.
Dans sa plainte, qui porte la signature de Me Luvi Mootoosamy, avoué dont les services ont été retenus par le plaignant, de même que ceux de Me Sanjeev Teeluckdharry, avocat, le plaignant soutient être un chef qualifié comptant 25 années d’expérience de niveau mondial. Il dit avoir acquis de l’expérience pas uniquement dans le domaine de la restauration, mais aussi dans celui du service clientèle et au niveau de la gérance de la cuisine. Entre autres établissements de renommée internationale où Allan Limmer déclare avoir travaillé comme chef cuistot, on compte le Hyatt Regency de Dubaï, le Carlton Hotel de Singapour et le Sheraton de Pékin.
Allan Limmer explique que son ancien employeur lui a proposé un contrat d’embauche le 9 décembre 2013, lequel était étalé sur deux ans, c’est-à-dire du 14 décembre 2013 au 13 décembre 2015. Outre le poste, l’employeur lui a également permis de disposer d’un hébergement dans une maison semi-meublée sise à Roches-Noires. Le plaignant affirme avoir beaucoup investi pour accepter le poste. En s’installant à Maurice, il a en effet dû faire venir des meubles ainsi que son chien. De plus, sa femme a dû quitter son poste dans les relations publiques en Inde, où elle percevait un salaire mensuel de Rs 85 000.
Le chef sud-africain fait ressortir qu’au fil des mois, la situation financière de l’hôtel virait de plus en plus au rouge. Il en veut pour preuve les directives qu’il aurait reçues pour réduire les coûts d’opération de la cuisine : non seulement on lui demandait de réduire le personnel, mais aussi de limiter l’achat des produits de luxe, tels le caviar et le foie gras, et de se contenter de s’approvisionner en légumes produits localement, ceux-ci revenant moins cher.
Concernant l’incident concernant les nouilles, Allan Limmer, selon la version qu’il donne dans sa plainte, relate que celles-ci sont proposées dans l’optique d’attirer une clientèle chinoise. Or, le 1er juillet dernier, il a proposé que des nouilles soient préparées pour le petit-déjeuner. Aussi, il a passé commande auprès du personnel de la cuisine. La commande tardant à arriver, et ce alors que la clientèle chinoise montrait des signes d’impatience, il est allé s’enquérir auprès de ceux préparant les plats. Mais il a été accueilli par un employé qui l’aurait menacé à l’aide d’un couteau. Le plaignant a été suspendu le 8 juillet 2014 et a été assigné à comparaître quelques jours plus tard devant un comité disciplinaire pour répondre de l’accusation d’avoir eu une « attitude agressive » envers un collègue. Résultat : il a été licencié le 1er août.
Outre la somme de Rs 35 M, le plaignant demande à la Cour d’ordonner que son visa de séjour et celui de sa femme soient maintenus jusqu’à la décision finale de son procès, de même que le contrat concernant la maison mise à sa disposition.