L’ambassadeur de la République Populaire de Chine à Maurice, Li Li, a proposé hier soir aux opérateurs économiques locaux de considérer l’opportunité d’un partenariat entre institutions financières chinoises et mauriciennes dans le domaine bancaire et autres services financiers ciblant le marché africain. L’ambassadeur chinois s’adressait aux dirigeants de la HSBC et à leurs invités réunis au Domaine Anna, pour célébrer la Fête du Printemps placée cette année sous le signe du Cheval. Alastair Bryce, Chief Executive Officer de la HSBC, a exhorté, pour sa part, les opérateurs mauriciens à considérer l’opportunité de faire plus de transactions commerciales en Renminbi, la monnaie chinoise, qui est en train de prendre une part de marché de plus en plus importante.
Le secteur financier, dont les services bancaires, a déclaré l’ambassadeur Li Li, représente des opportunités de partenariat intéressantes entre la Chine et Maurice, cela dans le cadre de la politique de coopération tournée vers l’Afrique. Le continent africain, a-t-il indiqué, a besoin de financements accrus pour ses projets infrastructurels. Grâce à son expertise et son expérience en tant que plateforme financière régionale, Maurice, a soutenu l’ambassadeur Li Li, peut aider les pays du continent à structurer leurs besoins financiers. Les investisseurs, selon lui, ne peuvent ignorer l’apport de la plateforme financière mauricienne. La Chine, a-t-il poursuivi, est prête à apporter ses ressources financières pour accompagner les projets de développement en Afrique et les institutions financières chinoises sont « prêtes à coopérer » avec celles de Maurice. Il suffit que les deux parties mettent en place un mécanisme de coopération approprié. « Je suis disposé à vous accompagner dans cette démarche », a laissé entendre l’ambassadeur Li Li.
Ce dernier s’est félicité de la qualité de la coopération entre Maurice et la Chine, estimant que 2013 a été une année prolifique en termes de réalisations. Il a fait référence, entre autres, à l’introduction des vols aériens entre Maurice et Shanghai assurés par Air Mauritius, à l’accord sur l’abolition du visa pour les touristes chinois, à l’inauguration du nouveau terminal aéroportuaire et au record historique d’arrivées touristiques. Parlant de la politique Chine-Afrique, il a observé que les relations sino-africaines se sont beaucoup intensifiées en 2013 et qu’en ce qui concerne Maurice, il y un désir de s’inspirer des réalisations de chacune des deux parties. L’ambassadeur Li Li a laissé entrevoir son optimisme quant au développement de l’axe de coopération Chine-Maurice-Afrique.
Renminbi
La direction de la HSBC prend pour sa part des dispositions pour que les opérateurs économiques puissent promouvoir les échanges commerciaux de et vers la Chine et aussi en direction de l’Afrique. « On ne peut parler de croissance des économies émergentes sans faire référence à la Chine et on ne peut parler de la Chine sans faire mention de sa monnaie, le Renminbi », a déclaré Alastair Bryce. Le Renminbi est en train de façonner l’environnement commercial international. Son utilisation dans les transactions commerciales ne cesse de croître. La part du Renminbi dans le financement de telles opérations est passée de moins de 2 % au début de 2013 à environ 9 % en octobre dernier. « At HSBC, we are perfectly positioned to help corporate and investor clients seize the opportunities that the Renminbi offers », a soutenu Alastair Bryce. Le CEO de la HSBC a rappelé que cette institution financière dispose d’un large réseau global pour traiter les opérations libellées dans la monnaie chinoise, couvrant une cinquantaine de marchés. La HSBC a mis en place à Maurice un China Desk en vue de promouvoir les échanges avec la Chine.
Évoquant les perspectives économiques, Alastair Bryce a indiqué que selon les prévisions les plus optimistes, l’économie mondiale pourrait croître au taux de 3,6 % en 2014 contre 2,9 % en 2013 mais qu’il faut toujours garder les yeux rivés sur la politique monétaire en particulier aux États-Unis. L’inflation, selon lui, reste un sujet d’inquiétude mais pour le banquier le plus gros défi en 2014 est le rétablissement d’une croissance soutenue « avant que les marchés ne perdent confiance dans le processus de réforme ».
Les marchés anticipent une augmentation du taux d’intérêt aux États-Unis et cela pourrait avoir des incidences sur l’investissement direct étranger dans les principaux pays émergents. L’Inde et la Chine ont connu un ralentissement de leurs activités l’année dernière.
Alastair Bryce a parlé des perspectives concernant l’industrie bancaire, estimant que les régulateurs vont imposer encore plus de contrôle et exiger plus de transparence et des pratiques encore plus pointues en matière de gestion des risques. Mais cela, a-t-il conclu, ne va pas « détourner » l’attention de la HSBC dont l’objectif consiste à créer les conditions nécessaires pour ses clients et pour que les activités d’entreprise puissent continuer à s’épanouir.