Outre d’avoir raflé la quasi-totalité des bourses d’études, les collèges d’État ont dominé la liste des classés juste après les lauréats. Dans la filière scientifique par exemple, que ce soit du côté des filles ou des garçons, le secondaire d’État ne fait aucun partage. Seul le Collège Saint-Esprit (CSE) se démarque dans la cuvée 2014 avec ses deux boursiers et ses douze classés. Jacques Malié, recteur de ce collège catholique, et Ali Yaroo, président du syndicat des enseignants des collèges d’État, ne sont guère étonnés de ces résultats, « une suite logique de la qualité académique de “l’intake” en Form I ».
Pour le recteur du collège St-Esprit et l’enseignant du collège Royal de Port-Louis, il n’y a pas mille raisons pour expliquer la bonne performance depuis quelques années de certains collèges d’État spécifiquement, notamment les National collèges et quelques « grands » Regional Colleges. Ils se rejoignent sur la question de l’intake en Form I. « L’intake en Form I pèse de tout son poids lorsqu’on analyse les résultats du SC et ceux du HSC car les meilleurs éléments du CPE choisissent principalement les collèges nationaux et l’un ou l’autre collège régional en grande demande. De plus en plus les parents prennent en considération les résultats du SC et du HSC en faisant le choix de collèges et la qualité de l’intake va se répercuter sept ans plus tard niveau des résultats du SC et ceux du HSC », affirme Aly Yaroo.
Jacques Malié, pour sa part, rappelle le choix de l’Éducation catholique en faveur du concept de mixed abilities dans ses collèges et souligne qu’il n’y a pas de collège national dans ce secteur. « Les collèges nationaux admettent en Form I des enfants avec 24 unités et les principaux collèges régionaux d’État prennent des élèves dans la fourchette de 20 à 24 unités. Mais les collèges catholiques recrutent des élèves avec 15 à 24 unités et nous faisons un travail de remise à niveau à l’intention des plus faibles académiquement pour qu’ils puissent entrer dans le programme d’études du secondaire sans problème ».
Le recteur du St-Esprit et le président du syndicat d’enseignants des collèges d’État soulignent un autre aspect qui permet aux collèges nationaux d’augmenter leur performance au niveau du HSC et de rafler par là même des bourses : le recrutement d’élèves en Lower VI. « Cette fois ce sont les meilleurs du SC qui quittent l’établissement qui les a formés pour trouver une place dans un collège national. Ces élèves vont dans les National colleges pour s’améliorer », explique M. Yaroo. Est-ce parce qu’il y a là-bas des meilleurs profs et que ces écoles sont mieux équipées en termes de laboratoires et d’autres specialist rooms ? « Pas du tout. Les mêmes profs, sur une base de rotation et après un certain nombre d’années, travaillent dans tous les collèges d’État et le matériel est le même partout. Ces élèves bougent vers les National Colleges principalement à cause de la compétition qui existe et qui va les aider à améliorer leur performance », explique l’enseignant du Collège Royal de Port-Louis.
Par ailleurs, il y a 60 collèges qui ont enregistré un taux de réussites inférieur à 55 % et ce lot comprend au moins neuf collèges d’État régionaux. On relève aussi que les résultats du HSC ne sont guère brillants pour plusieurs collèges privés payants malgré un nombre très réduit de candidats qu’ils présentent.