Le gouvernement veut rehausser la qualité des futurs employés. Il souhaite des jeunes avec une instruction suffisamment élevée pour entrer dans le monde du travail. C’est la raison pour laquelle il vient avec l’exigence des 5 Credits au SC pour être  promu en HSC. C’est ce qu’a tenté d’expliquer le porte-parole de l’Alliance Lepep, hier lors de sa conférence de presse hebdomadaire.
« Cela n’est pas un scandale. Au contraire, c’est la meilleure décision que nous pouvions prendre pour donner un meilleur avenir à nos enfants », a soutenu Étienne Sinatambou, qui déplore « la démagogie de l’opposition » face à tout ce que veut faire le gouvernement pour progresser. Selon lui, les critiques actuelles relatives au secteur de l’éducation relèvent une fois de plus de la « narye pa bon : conspiracy » prônée par l’opposition.
Étienne Sinatambou se dit choqué de la prise de position de l’opposition, plus particulièrement le MMM, contre la décision du gouvernement qu’il faut désormais cinq Credits au SC pour accéder au HSC. Il cite les propos du responsable du dossier éducation au MMM, Steve Obeegadoo, en 2011, à l’époque où le ministre PTr Vasant Bunwaree était venu avec un downgrading du niveau pour que les étudiants avec trois Credits puissent accéder au HSC. « Le MMM avait dit qu’il émettait de fortes réserves quant à cette décision, car ce faisant, il ne voyait pas comment Maurice disposerait d’une éducation de qualité. Or, aujourd’hui, c’est un autre langage, alors que nous, nous voulons avoir réellement une éducation de qualité », déplore le ministre de l’Environnement. Selon lui, les critiques de l’opposition sont ni plus ni moins « une énième tentative pour dire que narye pa bon. »
Étienne Sinatambou cite également les critiques du syndicaliste Yahya Paraouty en 2011. « Lui et M. Taleb avaient soutenu qu’intégrer le HSC avec trois Credits ti pou amenn katastrof », rappelle-t-il, ajoutant que c’est de cette catastrophe que Maurice veut sortir aujourd’hui avec la nouvelle mesure. Il existe un écart entre les compétences académiques et l’employabilité. « Rezilta pa match avek seki anplwayer bizin. Samem nou bizin une éducation de qualité, kot bann zenn ena enn instruction suffisamment élevée pou rant dans le monde du travail. »
Pour le gouvernement, continuer avec trois Credits serait une grosse erreur, contrairement à ce que veut faire croire l’opposition, dit le porte-parole de l’alliance Lepep, qui s’en est également pris au PMSD. « Le PMSD tente de faire croire que cette décision va empêcher les ti-dimounn de grimper. Est-ce venir dire que les mauvais résultats sont le propre des zanfan mizer ? » demande Étienne Sinatambou, qui estime les propos de la députée Aurore Perraud « dénigrants et faux » à l’encontre des plus démunis.
S’agissant du remboursement des frais de SC-HSC sur le critère d’absentéisme, le porte-parole du Gouvernement fait état de 8% d’étudiants concernés par cette affaire. Faisant l’historique des circulaires qui sont sorties sur ce sujet, il indique que la première date du 18 mai 2015 et prévient que les étudiants devaient s’assurer d’être présents sur 90% de l’année scolaire. Si cette mesure n’a pas été appliquée en 2015, elle l’a été en 2016, suivant une lettre qui a été envoyée aux parents à ce propos.
 L’affaire BAI:   Rs 17 Mds intraçables
Étienne Sinatambou relève que plus de 75% des étudiants se sont contraints à cette mesure, soit quelque 23 900 élèves, et que par la suite, dans les 25% restants, 17% se sont acquittés des frais réclamés en raison de leur absence, et qu’il ne reste que 8% qui n’ont toujours pas rempli leurs obligations. « Pourquoi crier au scandale pour 8% de réfractaires ? » demande-t-il, rappelant que la subvention des frais de SC-HSC coûte Rs 300 M au gouvernement, qui débourse quelque Rs 8 milliards annuellement pour ce secteur, où l’écolage ainsi que le transport sont gratuits. Déplorant « la critique facile, malhonnête, irresponsable et exagérée », le ministre de l’Environnement estime que « ce qu’on tente de faire c’est créer une révolte estudiantine. Ce n’est pas correct. Soyons justes et raisonnables ».
Dans un autre volet, il est longuement revenu sur l’affaire BAI, sans pour autant commenter les documents qui circulent à l’effet que le MSM aurait perçu des dons de la compagnie. À ce propos, se refusant aux questions des journalistes, il répond « n’importe qui peut prendre le nom de n’importe qui pour dire n’importe quoi. » Même réponse en ce qui concerne les bandes sonores qui circulent sur le deal proposé par le gouvernement à Dawood Rawat. Étienne Sinatambou, qui n’a pas manqué de critiquer l’opposition et rappeler l’implication de l’ex-ministre de la Bonne gouvernance Roshi Bhadain dans cette affaire, a préféré s’étaler sur la détermination du gouvernement de trouver une solution pour rembourser les victimes avec qui il sympathise.
Insistant sur le “vol” commis à l’encontre des victimes, il fait ressortir que le rapport nTan a révélé qu’il manquait Rs 17 Mds dans les fonds de cette affaire appelée Ponzi Scheme. Rs 17 Mds qui auraient été versées à l’étranger. Raison pour laquelle il s’insurge de la présence de Laina Rawat auprès des grévistes de la faim au Jardin de la Compagnie la semaine dernière, estimant son déplacement « scandaleux alors que la BAI finn kokin sa bann dimounn-la. »
Si le Premier ministre est à la recherche d’une solution, Étienne Sinatambou prévient qu’il ne sera pas évident de satisfaire tous les policy holders à 100 %. « La situation est complexe, c’est pourquoi il faut du temps. Mais on ne pourra pas satisfaire tout le monde, principalement les gros investisseurs qui ont investit quelque Rs 100M », prévient-il.