Tous deux disent pouvoir enfin pousser un grand « ouf » de soulagement. Jason Thondee, lauréat Arts Side, et Vivek Badreesing, lauréat Economics Side, ont ramené leur collège sous les feux des projecteurs et font la fierté non seulement de leurs parents, mais aussi de leurs profs au collège Sir Abdool Raman Osman (SARO), situé dans les hautes Plaines-Wilhems. Interrogés par Le Mauricien peu après la proclamation des résultats, ces deux jeunes confient avoir une foule de projets.
Jason Thondee dit ne jurer que par Shah Rukh Khan. « C’est son idole de toujours », commente en riant son père, Vinod Thondee, responsable du département des jardins à la mairie de Port-Louis. Et le jeune homme d’acquiescer : « Shah Rukh Khan, c’est la classe et le charisme. Ce que j’admire le plus, c’est le parcours de cet homme qui n’a aucune dynastie ni de grand pouvoir derrière lui, et qui s’est hissé tout seul au firmament ». Vivek Badreesing est pour sa part accro aux séries télés, dont Vampire Diaries et Suits, et quand il a ses écouteurs branchés sur les oreilles, c’est pour écouter de la musique électro. Même sa soeur aînée Nemika n’en revient pas…
Les deux jeunes lauréats de SARO, confirment leurs profs Rina Badal, Dorita Phoolchund et Nazneen Husnoo, « sont exceptionnels ». Le recteur, Abdool Aziz Moosuddee, abonde dans le même sens. « Ils ont tous deux participé activement aux activités non-académiques, ce qui fait d’eux des véritables « all-rounders ». Voilà des jeunes qui donnent le bon exemple, car ils se sont appliqués avec sérieux et persévérance. Ce comportement leur fait totalement honneur et nous sommes très fiers d’eux ». Pour Dorita Phoolchund et Rina Badal, enseignantes de français, « Jason est un jeune homme très ouvert qui partage tout ce qu’il amasse comme connaissances, alors que Vivek est l’exemple de l’étudiant réservé qui ne se fait pas remarquer, mais qui a cette force tranquille ». Si elles s’attendaient à ce que Jason Thondee fasse briller l’établissement scolaire, le fait que Vivek Badreesing en soit le deuxième lauréat « ne fait qu’augmenter notre joie et notre fierté nationale », soutiennent les trois profs interrogées.
« Kot ete sa ? »
Vinod Thondee admet que quand son fils avait décroché son admission au collège Sir Abdool Raman Osman après son parcours primaire à Philippe Rivalland RCA, « je me suis demandé quel était ce collège, kot ete sa ? » Cependant, quand son fils a intégré le collège SARO, il s’est personnellement engagé au sein de l’association de parents/enseignants, dont il est l’actuel président. « Cela m’a permis de découvrir une grande famille. L’esprit d’équipe, l’ambiance qui y règne, le désir des profs et du recteur de constamment améliorer les performances des élèves, avec une attention particulière pour chacun d’entre eux, m’ont énormément séduit. Je pouvais en toute quiétude suivre l’évolution du parcours de mon fils, car le sachant entre de bonnes mains ». Cela tranchait beaucoup, selon lui, avec ce qu’il avait vécu au sein de la Parents-Teachers Association (PTA) de l’école primaire « où les profs avaient tendance à surestimer le potentiel de mes deux fils ».
La mère de Jason, Sunita Thondee, cadre au ministère des Finances, ne voulait pas se faire d’idées. « Tout le monde disait qu’il serait lauréat, mais je me refusais de rêver, de peur d’être déçue ». Dylan, le frère cadet de Jason, fort de sa brillante performance au SC en tant qu’élève du collège Royal de Curepipe (RCC), n’a jamais douté des capacités de son frère. « Je l’ai toujours considéré comme le meilleur. Le fait qu’il soit à SARO et moi au RCC ne m’a pas influencé, car je sais qu’il est le plus brillant de nous deux ». Jason Thondee et Vivek Badreesing, qui hésite pour sa part entre des études en Banking and Finance ou en technologie et informatique, se disent tous deux très contents de cette distinction. « Nous la dédions à nos parents, nos profs et à notre recteur qui nous ont soutenus et accompagnés en permanence ».
Si les deux lauréats n’ont pas encore décidé du pays dans lequel ils souhaiteraient poursuivre leurs études universitaires, Jason a déjà une petite idée sur son projet professionnel. « Je pense m’orienter vers les Droits de l’Homme et faire carrière dans la diplomatie. D’ici une quinzaine d’années, j‘aurais une certaine notoriété et m’engagerais alors dans la politique active pour donner la chance à chaque Mauricien de faire montre de ses qualités. Nous n’avons pas de ressources naturelles, mais notre richesse c‘est les êtres humains. C’est là qu’il faut investir ». Et d’ajouter : « Autant que pour la loi et la politique, il est temps de donner un grand coup de balai et faire de la place aux jeunes pour du sang neuf ».
Quand il a entendu son nom à la radio, Jason Thondee était seul à la maison. « Mes parents étaient au boulot et je n’arrivais pas à les joindre au téléphone pour leur annoncer la bonne nouvelle ». Ne pouvant contenir son immense joie, il a fait le tour de son quartier à Roches-Brunes, criant « ça y est, je suis lauréat ». Comme quoi, on peut être très fortiche académiquement sans pour autant se départir d’un brin de fantaisie…