Fonctionnant selon les normes d’une institution scolaire, mais ne possédant pas son propre bâtiment, la Hua Xia Chinese School est satisfaite d’avoir obtenu l’approbation du ministère de l’Éducation pour utiliser l’école Vel Govinden, à Beau-Bassin, en vue d’exécuter sa principale activité qui est de donner des cours de mandarin. Cela fait dix ans que chaque samedi matin, la Hua Xia Chinese School met en place ses structures dans l’enceinte de l’école Vel Govinden pour des cours de mandarin d’une durée d’une demi-journée. Soulignons que « Hua Xia » est le nom que portait la Chine millénaire aux temps anciens.
La directrice de l’institution, Barbara Chu, nous explique que « notre démarche s’inscrit dans une logique qui a pour finalité la promotion du mandarin et, conséquemment, la promotion de la culture chinoise puisque les deux marchent de pair. J’ajouterai que la culture chinoise est une culture millénaire. La Chine est en train de s’ouvrir de plus en plus et de ce fait le mandarin est de plus en plus mis en évidence en tant qu’une langue de stature internationale. Comme cette langue est encore au stade préliminaire à Maurice, nous sommes au nombre de ceux qui sont en train de se dévouer pour aider les Mauriciens à l’apprendre afin de faciliter les échanges commerciaux, culturels et philanthropiques entre la Chine et Maurice ».
Notre interlocutrice poursuit : « Une telle entreprise engendre quelques frais dans son sillage. Par exemple, il nous faut rémunérer les plantons qui, tous les samedis, ouvrent les différentes salles de classe avant notre arrivée et les nettoient après notre départ. Ce qui explique le fait que nous avons eu à établir les modalités d’une mensualité à caractère minime en fonction de nos trois catégories d’étudiants, c’est-à-dire, les étudiants de la section primaire, ceux de la section secondaire et ceux qui sont dans la classe pour les adultes. » L’école est ouverte aux Mauriciens de toutes les cultures et qui désirent apprendre le mandarin. Pour s’y faire inscrire, il y a une annonce à ce sujet dans les journaux à chaque début d’année.
Cette école se compose de neuf salles de classe : quatre salles pour le primaire, deux salles pour le secondaire et trois salles pour les adultes. Au total, il y a environ 130 étudiants, dont certains sont âgés de plus de 60 ans ; la plus âgée a 78 ans. En ce qui concerne les personnes âgées, il s’agit d’une question de passion pour cette langue. Concernant les élèves primaire et du secondaire, ceux-ci apprennent déjà le mandarin dans leurs écoles respectives et le cours en question représente pour eux un complément. Comme cette école ne délivre pas de certificat, les étudiants sont encouragés à prendre part à ce sujet à des examens de niveau national ou international.
Parmi les neuf enseignantes qui y travaillent, huit sont originaire de Chine et la neuvième est originaire de Malaisie. Toutes les enseignantes possèdent la nationalité mauricienne du fait d’être mariées à des Mauriciens.
Sophie Wong Hing Nang, également originaire de Chine et membre fondatrice de l’école, nous fait l’historique de celle-ci en quelques mots : « Cette école a été créée suite à une idée conçue par cinq enseignants de mandarin y compris moi-même. Ensuite, nous avons mis en place une association d’enseignants de mandarin qui, suivant le cours des choses, a eu la difficile tâche de définir les structures de notre future école. Comme nous n’avions pas de bâtiment, nous avons fait des démarches auprès du ministère de l’Éducation auquel nous avons demandé de nous donner la chance de traduire notre idée dans la réalité en mettant une école du gouvernement à notre disposition. Nous sommes contents d’avoir obtenu du ministère une école située dans le centre de l’île puisqu’il y a déjà quatre écoles de ce genre à Port-Louis. »
Au mois de mai de chaque année, cette école célèbre son anniversaire par le biais d’une activité culturelle à laquelle participent des étudiants de toutes les catégories. Cette année, puisqu’il s’agira de célébrer une décennie d’existence, il y aura une célébration de grande envergure pour marquer l’événement.
Kate Chan, l’unique enseignante originaire de Malaisie, est douée pour les activités ayant trait à l’art scénique. C’est elle qui a produit la pièce qui, l’année dernière, a permis à cette école de remporter le premier prix, dans la catégorie mandarin, au festival d’art dramatique annuel organisé par le ministère des Arts et de la Culture. « Cela a été une formidable expérience et pour moi-même et pour notre école. J’ai conçu la pièce en me basant sur une histoire qui s’est déroulée autrefois en Chine. J’ai fait la mise en scène, j’ai fait les costumes et le résultat a été au-delà de nos espérances. Nous avons gagné presque tous les prix qui étaient en jeu, à savoir la meilleure pièce, le plus beau décor, la meilleure actrice et le meilleur directeur de scène. Le plus extraordinaire réside dans le fait que j’ai fait jouer sur scène notre élève qui est âgée de 78 ans. Cependant, pour rendre hommage à la vérité, je dois dire que nous avons eu à abattre de la besogne avant d’arriver à ce résultat. »
D’avoir remporté ce prix, nous dit-elle, ne peut qu’encourager son école à faire encore mieux sur le plan de la promotion du mandarin sur le sol mauricien.