Ils étaient huit animateurs d’écoles de foot réunis jeudi matin au Centre social Marie Reine de La Paix, à Port-Louis pour dénoncer ce qu’ils appellent une atteinte à la formation. En effet, le ministère de la Jeunesse et des Sports a décidé de fermer depuis quelque temps déjà huit écoles de foot sur les dix qui opèrent dans la région de Port-Louis et sa périphérie.
« Ces écoles de football ont leur raison d’être », martèle Yashdev Muttylall, porte-parole de cette “association” et responsable de l’antenne du Champ de Mars. Il fait la chronologie des événements. « Nous avons reçu, le 22 mars dernier, une lettre signifiant la fermeture de huit des dix écoles de foot de Port-Louis. Le MJS indique du même coup qu’il ne reconnaît que celles de St François Xavier et de Pointe aux Sables », avance le responsable de l’école de football du Champ de Mars.
Les huit entraîneurs disent ne pas comprendre ce qui a motivé cette décision, d’autant qu’aucune raison n’a été avancée pour l’expliquer. « Nous, à notre niveau, nous empêchons que les enfants n’aillent vers la drogue et les autres fléaux de la société. Il y a aussi un but social derrière ces écoles de foot », avance encore le technicien.
Ils vont cependant plus loin dans le raisonnement. Selon eux, chaque école de foot accueille entre 50 et 60 enfants âgés de 8 à 15 ans. « Ce qui donne un total de 500 à 600 enfants pour seulement deux écoles. Ont-elles les capacités d’accueillir autant d’enfants ? »
En outre, ils estiment faire le travail du gouvernement en faisant de la prévention active. « Nous avons un espace pour les activités saines, tout en inculquant les valeurs du sport à des enfants. En retour, ils ne vont pas se laisser aller dans les travers », poursuit Nizam Nasroolah, responsable de l’école de Vallée Pitot.
Revenant sur le passé de sa région, ce dernier dira avoir constaté une baisse de la présence de la drogue à Vallée Pitot. « Je peux vous dire que ça a baissé d’au moins 90%. Et cela, grâce à l’apport de l’école de foot, mais aussi la pratique d’autres activités comme le karaté », avance encore M. Nasroolah.
Les huit entraîneurs s’interrogent donc sur la raison derrière la fermeture de ces écoles de football. « L’État ne nous encourage pas. Au lieu de fermer les écoles de foot, il aurait fallu en augmenter le nombre », revendique encore le groupe d’entraîneurs qui disent avoir suivi une formation sous l’ancien DTN François Blacquart.
Les éducateurs dressent également une parallèle entre la formation footballistique et la vie scolaire. « Fermer les écoles de foot et espérer avoir des joueurs professionnels revient à fermer les écoles maternelles et primaires et envoyer directement les enfants en secondaire », martèlent-ils.
Pour faire entendre leurs revendications, les huit entraîneurs — Harold Appasamay (Abercrombie), Serge Faugoo (Cassis), Yashdev Muttylall (Champ de Mars), Karl Martin (Cité Vallijee), Michael Vincent (Cité La Cure), Fareed Noordally (Plaine Verte), Benjamin Bourdon (Roche Bois) et Nizam Nasroolah (Vallée Pitot) — ont envoyé une lettre à Alain Wong, ministre de la Fonction publique, Anwar Husnoo, ministre des Collectivités locales, et aux députés Roubina Jadoo-Jaunbocus et Reza Uteem.
Ils prévoient même de faire une manifestation devant les locaux du MJS si leurs revendications ne sont pas prises en compte.