Elle pensait avoir pris la meilleure décision pour ses enfants et pour son couple. C’était une belle occasion à ne pas rater. Malika, 40 ans, a tout laissé derrière elle pour recommencer une nouvelle vie en Australie. Mais rien ne s’est déroulé comme prévu. Problème de couple, visa qui expire, plusieurs séjours dans des centres pour réfugiés, enfants traumatisés. Et, pour couronner le tout, un renvoi imposé par les services de l’immigration. Aujourd’hui, cette mère de famille, séparée de son conjoint, vit cette situation comme un échec et une honte.
“Je n’oublierai jamais ce jour où les services de l’immigration m’ont informée que je devais quitter le territoire australien dans un mois. Tout s’est écroulé d’un coup : les espoirs, les rêves et les projets. Je n’ai même pas osé ? ni eu le courage ? d’appeler mes parents et ma famille pour leur annoncer que je devais plier bagage et rentrer à Maurice.
Le jour de mon départ, ils s’étaient tous réunis pour m’accompagner à l’aéroport, fiers de moi, de mon courage et de ma volonté d’assurer un avenir meilleur à mes trois enfants. J’avais trop honte.
Aujourd’hui encore, je me fais très discrète car je viens d’un village non loin de Flacq et je ne souhaite pas que mes parents soient montrés du doigt. Morisien ena sa kiltir palab la. Les gens parlent et exagèrent sans vraiment connaître les raisons derrière un problème. Comment expliquer que j’ai vécu à l’étranger pendant quelques années, et que je suis de retour sans un sou en poche ?